Cinq infos pour mieux comprendre le loup
Cinq infos pour mieux comprendre le loup : pourquoi il est protégé, comment il est revenu naturellement en Wallonie, comment vivent les meutes, ce qu’il mange et pourquoi certains individus peuvent poser problème aux élevages.
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Pour mieux comprendre le retour du loup en Wallonie, son mode de vie et les enjeux de sa cohabitation avec les élevages, cinq infos avec Corentin Rousseau, biologiste et chargé de projet WWF, membre du Réseau Loup.
Une espèce protégée
« En Europe, le loup a été pourchassé et abattu pendant des siècles. Il a disparu de Wallonie à la fin du XIXe siècle. Lorsque la population fut quasiment éradiquée, on a décidé de la protéger à l’échelle européenne. Le loup bénéficie donc d’un statut de stricte protection depuis la Convention de Berne de 1979 et la directive Habitats de 1992, qui interdisent notamment sa mise à mort intentionnelle. En Belgique, où la densité routière est très élevée, la principale cause de mortalité du loup vient des collisions avec les véhicules, avec plus de deux tiers des jeunes loups qui meurent ainsi chaque année en Flandre ».
Un retour naturel
« Contrairement au cas de Yellowstone, aux États-Unis, le loup n’a jamais été introduit en Europe. Son retour en Wallonie est donc naturel, et il est lié à plusieurs facteurs liés au contexte européen : la protection de l’espèce, la déprise agricole, le reboisement et la forte augmentation des populations de proies sauvages. Par ailleurs, la Wallonie se trouve au carrefour des deux grandes lignées de populations européennes, la lignée italo-alpine du Sud et la lignée germano-polonaise de l’Est. Avec la multiplication des meutes dans les pays voisins, ce n’était qu’une question de temps avant que le loup ne revienne dans notre région, avec quelques passages à partir de 2010 et les premières installations en 2018 ».
Meutes et dispersion
« En Europe, une meute de loups est un clan familial assez similaire à celui des humains. Elle se compose des deux parents, des louveteaux nés dans l’année et de quelques jeunes de la précédente portée qui restent avec eux. Les loups quittent la meute à partir d’un an ou deux, seuls, pour trouver un nouveau territoire et fonder une nouvelle meute. Ils peuvent alors couvrir de très grandes distances, jusqu’à quarante kilomètres par jour. Le record européen de dispersion est de 1.927 kilomètres parcourus entre juin 2022 et mars 2023 ».
Un loup peut en cacher un autre
« Les loups sont des individus qui ont chacun leur caractère et leur tempérament. Là où une majorité peut rester complètement invisible, un seul individu peut causer énormément de dégâts, à l’image du loup Billy qui a parcouru 1.000 kilomètres en quatre mois et qui attaquait régulièrement sur sa route des bovins directement dans les étables, notamment en Belgique, avant d’être abattu en France. Le suivi des loups est primordial pour identifier ceux qui posent problème ».
Régime alimentaire
« Le loup est un animal opportuniste qui se nourrit majoritairement de biches, de chevreuils, de cerfs, de sangliers, mais aussi de mulots, d’oiseaux et de proies domestiques. Ces dernières représentent en Europe de 1 à 5% de son régime, selon les zones. Contrairement aux meutes installées qui connaissent leur territoire, les loups dispersants sont parfois plus imprévisibles et cherchent des proies faciles, ce qui peut causer des attaques sur les élevages ovins. En revanche, à l’exception de quelques cas extrêmement rares et spécifiques, le loup ne s’attaque pas à l’homme, qu’il fuit et considère comme un danger ».
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