Début 2025, mon bébé avait à peine une semaine qu’une pédiatre m’a dit de « ne pas culpabiliser » si je voulais passer au lait artificiel. Le Nan Evolia de Nestlé, a-t-elle noté sur son papier, pour que je n’oublie pas. Son conseil se voulait bienveillant, mais il m’a surprise : malgré mes tétons endoloris, j’étais super motivée de poursuivre l’allaitement.
Plus tard, j’ai fait quelques recherches en ligne et suis tombée sur d’impressionnantes études internationales qui attestent des relations stratégiques entre les industriels du lait artificiel et le secteur de la santé. J’ai aussi découvert que, un peu partout dans le monde, les fabricants sont pointés du doigt pour leurs techniques publicitaires malsaines.
Et en Belgique ? Je n’ai pas trouvé beaucoup d’informations « locales » sur les techniques d’influence de ces firmes. Le signe qu’il était temps que Tchak s’y intéresse, me suis-je dit. J’ai alors interrogé une vingtaine de personnes (des personnalités engagées pour l’allaitement, car ils et elles sont à l’affût sur ce sujet, différents types de professionnel·les de la santé, des fonctionnaires, etc.). J’ai ensuite décidé d’angler mon enquête sur le marketing à destination des pédiatres et des parents car il m’a semblé le plus interpellant, même si j’aurais sans doute pu creuser celui à destination des sages-femmes, des pharmacien·nes ou des crèches.
En parallèle, Tchak a lancé un appel public à témoignages. Une quinzaine de mamans et de professionnelles de la santé – des femmes uniquement – y ont participé. Ces contributions m’ont aidée à recouper certaines informations précises. À titre plus personnel, elles ont surtout attiré mon attention sur ce point : que les femmes aient allaité, donné du lait artificiel ou les deux, elles se sont souvent senties stigmatisées et mal accompagnées. Assurément, le marketing n’est qu’un des éléments qui explique comment, tiraillées par des injonctions contradictoires, les femmes tentent de poser des choix.
Le marketing n’est qu’un des éléments qui explique comment, tiraillées par des injonctions contradictoires, les femmes tentent de poser des choix.
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