Depuis ses origines, à la fin du XIXe siècle, l’industrie des laits infantiles s’est servie des médecins pour asseoir sa notoriété. Si, désormais, il n’est plus de bon ton de faire dire à des expert·es en blouse blanche que les substituts sont meilleurs que le lait maternel, le corps médical reste une cible de choix pour la stratégie marketing des marques de laits.

« Je connais très bien les représentants des firmes. On a des rapports privilégiés, on se tutoie, confirme une pédiatre bruxelloise trop gênée pour le dire publiquement. Ils passent dans mon cabinet au moins deux fois par an, ils m’appellent pour me demander si j’ai besoin qu’ils me payent l’hôtel ou l’entrée pour un congrès, pour savoir si j’ai assez d’échantillons. Lors des événements, ils ont toujours des stands avec des revues, du matériel à tester et des laits. Entre pédiatres, on se retrouve souvent là parce qu’ils ont les meilleurs croissants et les meilleurs cafés. On le fait tous, même si on se dit que c’est bof… »