Il faut ouvrir une fenêtre dans la cathédrale de la Révolution Verte et amener la perspective agroécologique au cœur du débat sur le futur de l’agriculture et l’alimentation ». Ces mots ne sont pas ceux d’un activiste environnemental ni d’un paysan du mouvement sans-terre mais ceux de José Graziano da Silva, directeur général de la FAO1 de 2012 à 2019. Ils témoignent d’une évolution de l’institution onusienne, et plus généralement de nombreuses institutions internationales, en faveur de l’agroécologie dans le monde.


Cet article a été publié dans un numéro spécial consacré aux élections en 2024 (communales, provinciales, régionales, fédérales et européennes). Nous y abordions, sans prétendre à l’exhaustivité, une série de chantiers concrets dont le monde politique aurait pu s’emparer.


Malgré ce type de déclarations et de positions officielles, on reste loin de la révolution systémique nécessaire. C’est particulièrement vrai en matière de flux financiers de la coopération au développement, ces aides des États les plus riches et des institutions internationales en faveur des États les plus pauvres2. Actuellement, ces flux restent majoritairement destinés au classique modèle agro-industriel et non à une agroécologie réellement transformatrice. Entre 2016 et 2018, seuls 2,7% des fonds de coopération de l’Union européenne (UE) transitant via divers organismes onusiens ont ainsi soutenu la transition agroécologique (contre 79,8% pour des programmes axés sur l’agriculture conventionnelle)3. D’autres études centrées sur les politiques de coopération bilatérales indiquent la même tendance à un faible soutien, notamment au Danemark (1,4%), au Royaume-Uni (5%), en France (12,6%) ou en Belgique (16%)4.

L’agroécologie, une solution systémique aux défis alimentaires