Apaq-W, une agence entre deux mondes
Apaq-W, une agence entre deux mondes © Adobe Stock

Apaq-W: l’agence entre deux mondes

ENQUÊTE | Sang-Sang Wu, journaliste | sang-sang@tchak.be

En Wallonie, pour inciter les citoyens à consommer local, il y a l’Agence wallonne pour la promotion d’une agriculture de qualité (Apaq-W). Cette « agence publique de marketing au service d’un secteur extrêmement sensible » impose ses services payants à tous les agriculteurs wallons, qu’elle dit soutenir sans distinction.

Cette approche donne lieu à une stratégie de communication qui fait le grand écart entre des campagnes prônant la consommation locale et des investissements en faveur de l’exportation des produits agricoles wallons excédentaires. Entre le modèle d’agriculture paysanne et celui de l’industrie agro-alimentaire, son cœur balance.

Conséquence : selon notre enquête, ils sont de plus en plus nombreux – essentiellement des éleveurs et des producteurs bio et/ou sur petite ou moyenne surface – à dénoncer une communication ultra généraliste, simpliste et sans impact. Ils regrettent également que cette agence soit éloignée de leurs préoccupations de terrain. 

Ces agriculteurs déçus ne se sentent ni écoutés ni véritablement représentés malgré la mise en place d’un conseil d’administration censé assurer une meilleure représentation des agriculteurs. Dans les faits, cet organe se révèle bien peu pluraliste. 

Alors ? Pour qui travaille réellement l’Agence wallonne pour la promotion d’une agriculture de qualité (Apaq-W) ?

Ce qui m’a frappé :

« Le faible taux d’estime envers l’Apaq-W »

En travaillant sur l’Apaq-W et en m’entretenant avec les agriculteurs wallons, une chose m’a frappée : le faible taux d’estime que la plupart d’entre eux avaient pour les institutions publiques en général et pour cette agence en particulier. En témoignent leurs mots : « inefficace », « inutile », « bureaucratie ». Et même « racket » en parlant des cotisations obligatoires.  Lire la suite… 


Apaq-W et cotisations :
« Je refuse de payer»

Ras-le-bol d’une communication jugée ultra généraliste, simpliste et sans impact. Agriculteurs et éleveurs à taille humaine ne se sentent ni écoutés ni représentés. Au point de refuser de payer à l’Apaq-W une cotisation annuelle pourtant « obligatoire ». Obligatoire ? Euh… Pas pour tout le monde.   


Apaq-W et campagnes de promotion : ce que ça coûte 

Gérald Watelet, Maria Del Rio, Milkywayblueeyes… Ce sont les ambassadeurs et les influenceurs de l’Apaq-W à la télé et sur les réseaux. Des prestations facturées à 160 000 euros. Une campagne parmi d’autres dans un budget bien difficile à obtenir. On vous présente l’addition.  


Apaq-W et gouvernance :
un CA aux mains de la FWA

Au conseil d’administration de l’Apaq-W, beaucoup de personnes liées à la Fédération wallonne de l’agriculture (FWA), le syndicat dominant. À la tête de l’agence de promotion, se trouve même Marianne Streel, précisément présidente de la FWA. Une gouvernance qui ne laisse quasiment pas de place aux voix dissonantes.

Marianne Streel et Philippe Mattart, président et directeur de l'Agence wallonne pour la promotion d'une agriculture de qualité (Apaq-W). © Kris Van Exel

HUMEUR

Le grand écart de Maria Del Rio

Si si , on peut être à la fois ambassadrice
de l’Apaq-W et… d’HelloFresh


Cette enquête sur l’Apaq-W
est au sommaire du 7° numéro
de Tchak! (automne 2021),
en vente depuis
le mardi 28 septembre. 

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