C’était il y a quelques semaines. À l’époque, les réseaux sociaux étaient envahis de ces « kits de démarrage » générés par IA. Un ensemble composé d’un portrait en 3D, d’objets emblématiques censés dévoiler votre personnalité, le tout scellé sous plastique comme un jouet de supermarché. S’en est suivi un feu de paille à l’échelle mondiale. Comment l’expliquer ? Un besoin irrépressible d’enjoliver son image numérique ? Celui d’affirmer son identité dans un monde de plus en plus complexe et saturé ? De rassurer son ego grâce à la flopée de likes captés ?

Quoi qu’il en soit, Deliveroo s’est engouffré dans la tendance. À ceci près que ses starters packs sont bien plus cyniques. Pas de livreur racisé et précaire au tableau, pas de sueur, pas d’algorithme. On y voit des utilisateurs et des utilisatrices souriantes, réduites à l’état de figurines dociles, floquées du logo et des couleurs de la plateforme. Autant de codes mobilisés pour façonner un imaginaire : celui de client·es conformes et fier·es de l’être.

Business de la flemme : un mythe ?
Enquête Capitalisme
Business de la flemme : un mythe ?
Un livreur de nourriture à vélo est sur le pas de la porte d'un client