Pour un jeune urbain peu habitué aux campagnes wallonnes, passer un hiver à enquêter sur le retour du loup, c’est déjà l’occasion de voir du pays. Découvrir des forêts peu empruntées du public, prendre le temps de capter une ambiance, une atmosphère. C’est aussi l’occasion de demander aux principaux intéressés de partager un bout de leur réalité, et chercher à comprendre le maillage qui peut se tisser autour d’un fil rouge quasiment invisible, à savoir trois meutes de loups de retour dans les Hautes-Fagnes.

Si plusieurs sources rencontrées m’ont régulièrement invité à considérer le loup pour ce qu’il était — « un loup, ce n’est bien ni mal, c’est un loup, tout simplement » —, force est de constater que le monde s’agite derrière lui et qu’en tant que journaliste, nous faisons certainement partie de cette agitation.

Cependant, l’animal en lui-même n’est peut-être pas la cause de tous ces troubles : tantôt admiré, tantôt diabolisé, il constitue un enjeu politique et économique avec lequel composer. En déroulant le long fil de la piste du loup, c’est un véritable reflet de nos sociétés et de nos modes de cohabitation qui s’offre à nous.