Il ne faut pas s’imaginer que, dans l’éolien, la rentabilité est exceptionnelle. Plusieurs facteurs influent sur le rendement : le coût d’une machine, en augmentation vu les mâts de plus en plus hauts et les turbines de plus en plus puissantes ; le nombre de certificats verts octroyés, de moins en moins élevé, voire inexistant pour l’heure. D’autres coûts spécifiques peuvent également peser : le raccordement à une cabine haute tension parfois située à plusieurs kilomètres du parc, ou ceux relatifs au droit d’accéder au réseau, etc. »

Cette longue citation est la réponse de Bastien Van Grunderbeeck, chargé de projet chez Champs d’Énergie, une société coopérative citoyenne active dans le domaine de la production d’énergie renouvelable. Nous lui avions demandé de valider notre calcul du bénéfice par éolienne que pouvait engranger un exploitant. Ce calcul, nous l’avons obtenu après avoir soumis à une intelligence artificielle une série de données : coûts de développement, d’investissement et d’exploitation, durée d’exploitation, charges financières, volume de production, prix de l’électricité, etc. Nous avons également demandé à Énergie Commune, une association qui accompagne les citoyen·nes et les collectivités vers une énergie durable et solidaire, d’en vérifier le raisonnement et de mettre à jour les données.

Le résultat ? Pour une éolienne de 2,5 MW, un bénéfice net moyen situé aux alentours de 190.000 euros par an. Mais attention : l’estimation doit être prise avec des pincettes. « Les revenus sont totalement dépendants du prix de l’électricité, dont le marché est très fluctuant, tempère ainsi Johanna D’Hernoncourt, gestionnaire de projet chez Énergie commune. Tout projet de développement éolien doit d’ailleurs faire l’objet d’une étude de faisabilité technique et économique sérieuse, sur la base d’un plan financier prudent. »

N’empêche : 190.000 euros de bénéfices nets engrangés par an pour une éolienne, contre 20.000 à 25.000 euros brut par an distribués au propriétaire du terrain sur laquelle elle est implantée (lire en page XX)… Le gap est de taille. Si nous avions intégré dans ce calcul l’octroi de certificats verts (CV) au profit des producteurs, il aurait été encore plus important. « Actuellement, ce mécanisme de soutien public n’existe plus pour les nouveaux projets éoliens, précise Johanna D’Hernoncourt. Leur rentabilité est autoportée par le prix de l’électricité. Mais si celui-ci venait à baisser à tel point qu’il devenait impossible de garantir aux investisseurs une rentabilité acceptable par rapport aux filières classiques, cet octroi serait revu à la hausse. »