Été 2024. Lorsque Zoé Brusselmans regagne sa bergerie aux confins de Durbuy, à la clôture de la foire de Libramont, la jeune éleveuse de brebis laitières tombe des nues : son troupeau présente les symptômes de la fièvre catarrhale ovine sérotype 3 (FCO-3). Celle-là même qui s’apprête à ravager la Belgique francophone. « Je connaissais les dégâts causés par l’épidémie aux Pays-Bas, avec 25% de mortalité dans les élevages ovins, se souvient l’éleveuse. Quand j’ai vu mes brebis malades, je me suis dit : ça y est, c’est la catastrophe. »

En l’espace d’un mois, Zoé Brusselmans perd environ 15% de ses brebis. Et près de 8.000 euros, entre les factures de soins vétérinaires et les litres de lait jetés : « Ça veut dire 700 euros de salaire en moins par mois ». Pour une éleveuse installée depuis seulement deux ans, qui atteint à peine les 35.000 euros de chiffre d’affaires annuel, le gouffre est énorme.