Maladie de la langue bleue : les raisons d’un fiasco
17% de mortalité dans le cheptel ovin belge, plusieurs millions d’euros de pertes pour les éleveur·euses et le secteur : tel est, pour l’heure, le bilan de la fièvre catarrhale ovine (FCO) en Belgique. Un virus pourtant connu des autorités sanitaires depuis l’automne 2023, tant il provoquait des ravages dans les pays voisins. Comment expliquer pareil fiasco ?
Été 2024. Lorsque Zoé Brusselmans regagne sa bergerie aux confins de Durbuy, à la clôture de la foire de Libramont, la jeune éleveuse de brebis laitières tombe des nues : son troupeau présente les symptômes de la fièvre catarrhale ovine sérotype 3 (FCO-3). Celle-là même qui s’apprête à ravager la Belgique francophone. « Je connaissais les dégâts causés par l’épidémie aux Pays-Bas, avec 25% de mortalité dans les élevages ovins, se souvient l’éleveuse. Quand j’ai vu mes brebis malades, je me suis dit : ça y est, c’est la catastrophe. »
En l’espace d’un mois, Zoé Brusselmans perd environ 15% de ses brebis. Et près de 8.000 euros, entre les factures de soins vétérinaires et les litres de lait jetés : « Ça veut dire 700 euros de salaire en moins par mois ». Pour une éleveuse installée depuis seulement deux ans, qui atteint à peine les 35.000 euros de chiffre d’affaires annuel, le gouffre est énorme.
Elle n’est pas la seule à s’effondrer. Nicolas Marchal, chargé de mission ovin-caprin au Collège des Producteurs, estime les pertes économiques pour le secteur ovin wallon à 7,7 millions d’euros et une mortalité de 17% sur l’ensemble du cheptel belge. « Nous étions pourtant témoins des ravages de la maladie aux Pays-Bas et en France, et la FCO-3 a été détectée pour la première fois sur le territoire en octobre 2023 : tout indiquait que la crise se déclencherait chez nous », déplore-t-il.
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