« Manger tous les jours, en principe trois fois par jour, ça vous semble normal. Mais beaucoup d’entre nous ont la dalle, la vraie dalle ! »

Brigitte et Yvette, témoins du vécu militantes au Réseau wallon de lutte contre la pauvreté (RWLP), interpellaient récemment politiques et citoyen·nes venus débattre. Une des raisons de leur mobilisation : le droit à l’alimentation pour tous, le droit à une alimentation de qualité permettant aux personnes appauvries d’arrêter de s’épuiser à chercher des trucs et ficelles pour faire chauffer la marmite.

« Certains doivent tendre la main pour manger, poursuit le duo qui endosse ce soir-là le rôle de porte-parole. Ils doivent aller chercher des colis alimentaires dans une association ou à la commune. Et doivent toujours se justifier. C’est anormal de demander la charité pour manger. On ne veut pas être des “assistés”. 24 boîtes de haricots verts en trois mois, ça ne va pas. Mais on n’ouvre pas trop la bouche. On a peur de ne plus rien avoir. Les colis, c’est comme des rustines ou des sparadraps. »1

Quelques mois plus tôt, Alain, lui aussi témoin du vécu militant, questionnait les présidents de parti avec le même type de propos : « Les gens devraient avoir l’argent pour acheter à manger librement en fonction de leurs besoins. Et, si possible, acheter des choses de qualité. On ne critique pas ceux qui organisent l’aide alimentaire, car ils font ce qu’ils peuvent. Mais l’argent devrait servir à produire de la bonne alimentation que tout le monde devrait pouvoir acheter. »