Et si on interdisait la pub pour la malbouffe ?
Et si on interdisait la publicité pour la malbouffe en Belgique ? Pour les professionnels de la santé, il est en tout cas nécessaire de réguler le marketing sur ces aliments riches en sucres, sel et gras. Au-delà des répercussions directes sur la santé des Belges, surpoids et obésité coûtent chaque année 4,5 milliards à la collectivité.
Londres, 25 février 2019. Dans le métro de la capitale anglaise, une métamorphose s’opère sous les yeux des usagers. En 24 heures, une grande partie des panneaux publicitaires faisant la part belle aux snacks, pizzas surgelées et hamburgers vient de disparaître. Le London « Tube » est méconnaissable, dépouillé de ces affichages qui lui collaient à la peau depuis des années.
Cet article a été publié dans un numéro spécial consacré aux élections en 2024 (communales, provinciales, régionales, fédérales et européennes). Nous y abordions, sans prétendre à l’exhaustivité, une série de chantiers concrets dont le monde politique aurait pu s’emparer.
Sadiq Khan, le maire travailliste de la capitale anglaise, est l’homme à l’origine de ce défrichage de grande ampleur. À l’époque, déterminé à prendre des mesures pour lutter contre l’obésité qui touche le pays, il se résout à interdire toute publicité pour de la « malbouffe » dans les transports londoniens. Bilan de cette politique : en l’espace de 4 ans, elle a fait « reculer le taux d’obésité londonien de 4,8% et réduit le nombre de cas de diabètes et de maladies cardio-vasculaires ». Un petit miracle au pays du « fish and chips » !
Le dénominateur commun de ces produits associés à la « malbouffe » auxquels la ville de Londres mène la vie dure : ils sont riches en calories, sucres, acides gras saturés, sel et rentrent pour l’essentiel dans la catégorie des aliments ultra-transformés (AUT). « Pour que le goût et la sensation soient plus agréables en bouche, ces aliments vont subir une transformation physique et chimique intense », explique Hélène Alexiou, diététicienne et enseignante à la HE Vinci. « On va y ajouter toute une série d’additifs tels que des huiles hydrogénées, des sirops de glucose ou des amidons modifiés », des ingrédients qu’on ne retrouve pas dans un produit brut comme un fruit ou un légume.
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