C’était en 2013, à Londres. Devant quelques caméras et un parterre d’invités, Mark Post, scientifique néerlandais, semblait un peu mal à l’aise dans ce décorum de show télé. Debout, derrière une cloche en inox, il annonçait une « première mondiale » devant une foule joviale.

Puis il leva le couvercle. Le public découvrait alors un petit steak haché, pas plus épais qu’une semelle de basket, un peu orangé et suintant. « Ce que nous essayons de faire est une percée technologique qui pourrait complètement changer la façon dont nous produisons de la viande », s’était alors enthousiasmé Mark Post. Car ce steak, ce n’était pas n’importe quel bout de viande. Il s’agissait du tout premier steak de laboratoire, cultivé « en dehors de la vache », affirmait le scientifique, donc sans tuer d’animal. La presse du monde en entier s’était alors ruée sur cette véritable prouesse. Une révolution alimentaire et anthropologique.