En Belgique, plus de 90% de la population mange trop de charcuteries et la moitié mange trop de viande rouge non transformée par rapport aux recommandations nutritionnelles [1]. Limiter les protéines animales dans les assiettes, c’est donc un défi de santé publique. C’est aussi un moyen d’en réduire l’impact carbone, de contribuer à la diminution des élevages industriels contraires au bien-être animal et, point non négligeable, de faire des économies.

Pour les cuisines de collectivité (cantines d’hôpitaux, d’entreprises, d’écoles, etc.) qui veulent s’engager en faveur d’une alimentation plus durable, la végétalisation des menus est incontournable. C’est l’une des rares façons de dégager de l’argent pour acheter des ingrédients plus qualitatifs. En ce compris d’ailleurs de la viande, les jours où elle reste au menu. Mais dès qu’il est question de repas végétariens, certain·es se braquent.

« Proposer des repas végétariens peut provoquer des réticences et un rejet de la part des convives, confirme Lyse Bauduin de Manger Demain, la cellule wallonne qui accompagne les cantines de collectivité qui souhaitent obtenir le label wallon Cantines Durables. Les idées reçues sur la nécessité absolue de protéines animales dans les repas et le manque de connaissance sur les préparations à base de légumineuses ou autres sources de protéines végétales façonnent le regard porté sur ce régime alimentaire. »

« On a remarqué que si on estampillait les repas comme végétariens, ça créait des frustrations », appuie Alain Hougrand, manager du pôle restauration du Groupe santé CHC, qui regroupe à Liège cinq hôpitaux, des résidences pour personnes âgées, une structure d’accueil pour personnes handicapées et une crèche. « Des patient·es s’insurgent, surtout dans les zones moins urbaines », relève le responsable.