Dans leurs multiples canaux de communication, les marques de lait artificiel parlent régulièrement de lait maternel, en veillant bien à rappeler que c’est le mieux pour les bébés. Elles donnent également quantité de conseils liés à l’allaitement. Mais, si on gratte un peu, on se rend compte qu’elles se focalisent beaucoup sur les possibles difficultés et contraintes, quitte à les grossir un peu.

Un exemple. Dans une « Boîte rose » pour femmes enceintes que Tchak s’est procuré, Nutricia (marque du groupe Danone) a glissé un folder sur « les grandes et petites questions » des mamans. Dont celle-ci : « Je voudrais allaiter, faut-il éviter certains aliments ? ». Et la marque de lister les produits qu’il conviendrait de supprimer, à savoir l’alcool et la cigarette, et ceux qu’il faudrait limiter, comme les boissons énergisantes, les poissons gras sources de dioxine, et même « certains aromates susceptibles de donner des crampes » aux bébés.

Laits infantiles : parents dans le doute, marketing à l’écoute
Enquête Enfance
Laits infantiles : parents dans le doute, marketing à l’écoute
Collage à partir d'images publicitaires montrant une maman et son bébé.

Une communication qui a le don d’irriter la médecin Geneviève Heintz, qui est aussi diplômée universitaire en lactation humaine. « Ce genre de conseils circule largement mais il est scientifiquement infondé de prétendre que des aromates peuvent donner des crampes. Très peu de substances alimentaires passent dans le lait à des concentrations significatives, et rien ne prouve qu’un régime “sans goût” améliore le confort digestif du nourrisson. L’alcool et le tabac sont les seules choses vraiment embêtantes. Mais l’alcool quitte le lait au même rythme qu’il quitte le sang, donc il suffit d’attendre et, même quand une mère fume, les avantages de l’allaitement dépassent les risques liés à la nicotine », relève-t-elle.

L’Office de la naissance et de l’enfance continue d’ailleurs à conseiller aux fumeuses d’allaiter même si, bien sûr, arrêter de fumer est préférable.