Petit abattoir de Rhisnes : la vie entre ses doigts
Chaque semaine, Claudy tue à la main des centaines de volailles. « Si on veut manger de bons poulets paysans, il faut bien que quelqu’un s’en charge », argue, la conscience tranquille mais pas indifférent, celui qui est devenu l’égorgeur du Petit abattoir coopératif de Rhisnes.
Coincé au croisement de la N4 et de la E42, le parc d’activité économique de Namur-Nord-Rhisnes vit au son des moteurs. Mais en ce froid mercredi de janvier1, l’habituel ballet n’a pas encore commencé. Il est 6h30 du matin et, alors que les quelques lampadaires allumés peinent à faire croire que l’aube se prépare, c’est le chant d’un coq qui sort le site industriel de sa torpeur.
Dans le préau du Petit abattoir coopératif, quelque 600 bêtes à plumes et à bec viennent de passer la nuit à l’intérieur des caisses déposées la veille par leurs éleveurs et éleveuses. Trois poules à la robe brun clair sont parvenues à ouvrir leur trappe, mais elles n’ont guère le goût de l’aventure : elles patientent sagement posées sur leur cage en plastique.
Tandis qu’un deuxième coq s’éveille, les poules de races variées se mettent progressivement à glousser, offrant au zoning une curieuse atmosphère de campagne. À quel moment sauront-elles qu’elles vivent leur dernier matin ? Soudain, le vrombissement d’un compresseur et le bouillonnement d’un bain d’eau signalent que l’heure approche : la chaîne d’abattage qui jouxte la cour se met en branle.
Dans un vestiaire attenant à l’abattoir proprement dit, Claudy enfile un pantalon blanc, une blouse blanche, des bottes blanches et un tablier blanc. Pas besoin de charlotte sur la tête : son crâne rasé l’en dispense. Le gant en maille métallique qu’il ajuste ensuite sur sa main gauche avant de mettre une paire de gants en plastique trahit le rôle qu’il s’apprête à endosser : tueur.
Vous voulez lire la suite ?
Abonnez-vous pour poursuivre votre lecture et accéder à nos articles et numéros. Votre abonnement finance un journalisme combatif et fertile. Déjà abonné·e ? Connectez-vous plus bas.
Avec cette formule à 60 €, nous voulons que l’abonnement à la revue reste accessible au plus grand nombre. Mêmes avantages, mais vous soutenez Tchak selon vos moyens. Choisissez librement. Aucun justificatif n’est demandé.
- 4 numéros papier par an
- Accès à la liseuse en ligne
- Tous les articles et archives en ligne
- Possibilité de commenter les articles
C’est le tarif de référence de notre abonnement à la revue. Il contribue à l’équilibre économique de Tchak, soutient notre travail journalistique et nous aide à continuer à proposer un abonnement à prix réduit, pour les budgets plus serrés.
- 4 numéros papier par an
- Accès à la liseuse en ligne
- Tous les articles et archives en ligne
- Possibilité de commenter les articles
Vous préférez lire Tchak uniquement en ligne ? Cette formule d'abonnement permet de soutenir notre travail journalistique avec un tarif adapté au numérique. Celui-ci tient compte de l’absence des coûts liés à l’impression et à l’envoi de quatre numéros.
- 4 numéros en ligne par an
- Accès à la liseuse en ligne
- Tous les articles et archives en ligne
- Possibilité de commenter les articles
Déjà abonné·e ? Connectez-vous
Utilisez l’adresse e-mail associée à votre abonnement pour poursuivre votre lecture.