Dans ma dernière chronique, je vous parlais de mon jardin potager. Sans surprise, ce fut une année difficile. Entre le trop humide et le trop sec, entre les limaces et les doryphores, entre les heures à arroser et les moments de découragement… Pas mal de planches ont souffert, diminuant la part de légumes produits sur la ferme.

J’ai pourtant une belle réussite à partager avec vous. Une histoire de graines. Ou plus précisément : une histoire de légumes racines montés en graine. À l’automne 2025, j’avais rempli mon silo de carottes, betteraves, panais et céleris raves. Fin mars, comme nous n’avions pas tout mangé, j’ai gardé quelques exemplaires de chaque sorte pour tenter de produire des graines. J’ai replanté tout ce petit monde dans la serre. J’ai arrosé, et laissé faire. Parce qu’après tout, un légume racine, c’est avant tout un stock d’énergie disponible pour permettre à la plante de compléter son cycle de vie.

Ainsi, des feuilles vertes sont nées aux collets, puis des tiges, et enfin des fleurs. Les céleris raves et les panais, qui font partie de la famille botanique des ombellifères, ont déployé leurs ombelles élégantes, offrant gîte et couvert à toute une ribambelle de punaises rouges aux zébrures noires1. Enfin, en juillet, la sève s’est retirée. Les tiges vertes ont viré au brun, et les fleurs se sont changées en graines. J’ai surveillé, cherchant le moment de maturité opportun, juste avant que les graines se détachent et tombent sur le sol. En août, j’ai ainsi constitué un petit trésor de graines, stockées au sec dans de grandes enveloppes de papier. Et si le geste paraît d’une banalité sans nom – il occupe tout de même l’humanité depuis plus de 10.000 ans – j’en suis pourtant fière.

Ma motivation est financière, évidemment. Les semences coûtent cher, surtout quand il faut recommencer un semis suite au passage d’une cohorte de limaces, par exemple. Même quand je suis prévoyante et que je commande des graines chez des semenciers locaux, il y a souvent ce moment d’urgence où je me rabats sur l’offre des jardineries et où je serre les dents lors du passage à la caisse. Quitte à entretenir un jardin potager, autant que celui-ci soit économiquement viable !

« Ce qui me relie à mon jardin »
Humeur Capitalisme
« Ce qui me relie à mon jardin »
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