Dans les bottes d’une jeune vétérinaire rurale
La Province du Luxembourg subit une importante pénurie de vétérinaires ruraux. Tous les regards se tournent vers les nouvelles générations. Parmi les récentes recrues, Florin Meijer. De ferme en ferme, de vêlage en vêlage, de soin en soin, au quotidien, la jeune femme d’origine flamande tisse le fil précieux du lien. Avec les animaux, mais surtout entre les humains.
Paliseul, mardi 19 novembre. 8h15. Le vent et la pluie balaient les forêts de hêtres et les champs de céréales. Comme tous les matins, Florin Meijer gare sa voiture rue d’Offagne, derrière la croix bleue du centre vétérinaire Curamed. Éric, copropriétaire du cabinet, se trouve déjà sur place. Ce quadragénaire d’origine flamande est installé en Wallonie depuis plus de quinze ans. « J’ai vu sur notre groupe Telegram que tu avais eu plusieurs interventions cette nuit », lui glisse Florin. Il rigole : « C’est comme ça, on est là pour ça ! »
Spécialisés dans « les grands animaux », lui et son associé Christophe, ainsi que leurs collaborateurs Antoine et Florin, font partie des 98 vétérinaires ruraux de la Province de Luxembourg, soit, selon les derniers chiffres, seulement quatre vétérinaires pour 10.000 bovins. Une forte pénurie qui alerte tout le secteur : fermiers, politiques, mais surtout les vétérinaires eux-mêmes qui supportent le poids du travail sans fin. Et ce particulièrement durant la pleine saison, celle des vêlages de Blanc Bleu Belge (BBB), autrement dit des césariennes. « Suite à la sélection des gènes pour produire plus et mieux, les vaches ne peuvent plus mettre bas naturellement et les césariennes ne peuvent être réalisées que par des vétérinaires. Le grand public ne s’en rend pas forcément compte, mais nous représentons vraiment un maillon de la filière viandeuse ! », explique Florin en s’installant dans la salle de réunion.
Écouter, la tête dans les vaches
En attendant le coup de fil qui dictera la prochaine mission, la véto de 30 ans se prépare un thé et revient sur son parcours. « Je viens d’Anvers. À la fin de mes études, j’ai travaillé en France, surtout à soigner des Charolaises. J’ai fait le choix de la Province de Luxembourg en 2022 parce que j’avais encore envie de travailler en pleine nature avec les vaches, tout en me rapprochant de ma famille. Elle continue : J’ai trouvé un emploi hyper rapidement. En fait, je n’ai même jamais dû faire de CV tellement la demande est importante. Ici, ils ont cherché un vétérinaire pendant un an et demi avant que j’arrive ! La plupart des jeunes ne veulent plus du rural, c’est trop dur. »
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