Torgnolaise
Si vous êtes de Torgny ou de ses environs, n’hésitez pas à pousser la porte de La Torgnolaise, ses membres se feront un plaisir de vous faire une place.

Vous habites dans la région de Torgny ? L’épicerie La Torgnolaise vous accueille bien volontiers

Comme tous les vendredis soir à Torgny, village gaumais (province de Luxembourg) officiellement classé parmi les plus beaux de Wallonie, la lumière qui émane de la grande baie vitrée de l’épicerie La Torgnolaise éclaire la rue de l’Ermitage. À l’intérieur du local exigu, un petit groupe d’habitants discute autour d’une longue table en bois, une bouteille de jus de fruits ou de bière à la main.

Camille Remacle, journaliste

Amélie, quinquagénaire emmitouflée dans une grande écharpe en laine, est l’une des personnes à l’origine de la fondation de la boutique, en mai 2024. « Tout démarre de ce bâtiment. Au départ, on s’est installés avec un groupe de neuf personnes pour former un habitat groupé. Et puis, on a eu l’envie de faire quelque chose d’utile pour le village », explique-t-elle. Rapidement germe l’idée d’une épicerie locale.

Sur les étagères et dans les frigos, on trouve un peu de tout : des huiles, de la confiture, du miel, de la bière… Tous ces produits sont issus de producteurs locaux comme la Ferme de l’Espérance située à Prouvy, le Pays de Montmedy dans le village français du même nom, ou encore la pisciculture du Fourneau Marchand à Étalle.

« On essaye de créer plus qu’une épicerie ; on veut en faire un lieu de rendez-vous et de rencontre »

La Torgnolaise, c’est surtout un projet citoyen. Contrairement aux enseignes classiques, elle est gérée par des bénévoles qui, en contrepartie, bénéficient de réductions lorsqu’ils y effectuent leurs courses. « On demande de s’investir deux heures par mois et, en échange, on reçoit 20% de réduction sur tous les produits. Mais bon, on n’est pas très regardants au niveau des heures ; ce ne doit pas être un frein pour venir ici », rassure Amélie.

L’ambiance est décontractée : lors des soirées apéros, il n’est pas rare de voir les habitués se servir dans les frigos, passer derrière le comptoir et encaisser eux-mêmes leurs boissons.

Pour faciliter la logistique, les membres et clients de La Torgnolaise doivent utiliser une application sur leur téléphone, qui sert à répartir les heures de bénévolat et à passer commande pour les produits frais. Cet outil a été créé par le Mouvement des épis, un réseau basé en France. « On sait que l’utilisation de l’application peut être compliquée pour certains, notamment les personnes âgées, mais on est présents sur place pour expliquer comme elle fonctionne », souligne Maud, la fille d’Amélie.

Un petit groupe soudé

Outre les apéros du samedi, La Torgnolaise propose des petits-déjeuners le dimanche matin ainsi que des ateliers thématiques, tout au long du mois. « On a déjà fait des ateliers sur la communication non violente, une soirée Halloween, des soirées jeux de société… On essaye de créer plus qu’une simple épicerie ; on veut en faire un lieu de rendez-vous et de rencontreMalheureusement, les citoyens ne sont pas très nombreux à pousser notre porte », observe Amélie.

Pour rassembler un maximum d’habitants, elle et quelques comparses avaient distribué des flyers dans les boîtes aux lettres de l’entité et des villages aux alentours début 2024. Le but : inviter les Torgnolais à partager leurs envies et leurs besoins quant à l’aménagement d’un nouveau commerce. Leur initiative avait rencontré un franc succès, puisque les trois premières réunions d’information avaient attiré une trentaine de personnes en moyenne.

« C’était chouette, et tout le monde nous encourageait à ouvrir une épicerie de quartier, donc on sentait qu’on allait répondre à un besoin »se rappelle Maud. Mais au fil des mois, la motivation semble s’être essoufflée. « On n’est plus qu’une dizaine à venir régulièrement »regrette-t-elle.

Malgré ce manque d’affluence, l’épicerie n’est pas en danger puisque, pour La Torgnolaise, il n’y a aucun loyer ni salaire à verser. « On est un petit groupe soudé, mais ce qu’on veut, c’est réussir à créer une cohésion dans le village, affirme Amélie. En tout cas, si quelqu’un de la région lit ces lignes et souhaite nous rencontrer, que ce soit le dimanche ou le vendredi, qu’il n’hésite pas à venir ; on sera ravis de l’accueillir. »

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