Corneilles et corbeaux sont accusés, à tort ou à raison, de causer de grandes pertes sur les cultures. Plus de 20.000 d’entre eux sont tués chaque année. Alors que plusieurs études contestent l’efficacité de ces tirs, ce chiffre ne semble pas prêt de diminuer : le Parlement wallon vient d’adopter un nouveau décret facilitant les tirs.
Bastien Hanot, journaliste (st. Ihecs)
Cette enquête est publiée dans le nouveau numéro de Tchak (été 26),
« En Wallonie, on garde un niveau de protection maximum pour les corvidés, c’est une aberration. » Ces propos d’Hubert Dumont, que l’on présentera un peu plus tard, résument assez bien la volonté générale du monde agricole : tirer plus. Pourtant, on en tue déjà beaucoup : 20.000 par année, selon les estimations de la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux (LRBPO).
Les corvidés dont nous parlons ici, à savoir la corneille noire, le corbeau freux, le choucas des tours et la pie bavarde, sont des espèces protégées par la loi sur la conservation de la nature depuis 1991. Ce qui implique qu’elles ne peuvent pas être tuées, chassées ou piégées. Néanmoins, agriculteurs et chasseurs peuvent introduire des demandes de dérogation afin de tirer les corvidés qui causeraient des dégâts aux cultures et à la forêt.
Sur les 1.450 demandes parvenues au Département de la Nature et des Forêts (DNF) durant les quatre dernières années, seules 30 ont été refusées.
Revenons à Hubert Dumont. Il est agriculteur dans le village de Saint-Amand, au nord de Fleurus. Les dégâts de corvidés, ça le connaît : « La saison dernière, j’ai été touché sur quatre hectares de maïs, ce qui représente une perte d’environ 5.000 €. Mais j’ai également eu des dégâts sur les derniers semis de céréales et de froments d’hiver, plus difficiles à chiffrer ».















