Tchak 26 | Ce que nous devons aux autres

Le nouveau numéro de Tchak (été 2026) est en librairie depuis quelques jours. Au fil de sa centaine de pages, une question: que devons-nous aux autres ? Bel été.

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Édito | Yves Raisiere, journaliste

Dans ce nouveau numéro de Tchak (été 2026), une kyrielle d’histoires. Celles, d’abord, de femmes et d’hommes qui refusent de croire que tout est joué d’avance.

Par exemple, ces quatre avocates qui, au nom d’un agriculteur, attaquent TotalEnergies, multinationale présente dans plus de cent pays. Le rapport de force paraît écrasant. Sauf que, derrière elles, il y a une poignée d’associations, des bénévoles, des scientifiques, des citoyennes et des citoyens. De quoi rappeler qu’aucune entreprise, aussi puissante soit-elle, ne dispose de pareille force de mobilisation. 

Autre article, celui sur la Cafétéria collective Kali, à Liège, qui a réussi l’impossible et racheté son immeuble, en le soustrayant à la spéculation. Ou encore celui sur Le Café monde, à Louvain-la-Neuve, où citoyen·nes et exilé·es cuisinent ensemble, transformant l’accueil en acte de résistance. 

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Une même tentation

Autant d’itinéraires différents. Ils racontent pourtant la même chose : tout devient possible lorsque des personnes mettent en commun leur expertise, leur énergie, pour reprendre prise sur des réalités qui, seules, les dépasseraient.

Dans ce numéro, l’envers du décor également. En Guinée, des paysan·nes et des pêcheurs sacrifiés au nom de l’extraction minière et de la bauxite indispensable aux voitures électriques. En région liégeoise, des maraichers et maraichères abandonnées face au problème d’une terre contaminée au cadmium, dont personne ne veut assumer l’héritage. Dans les hôpitaux belges, des patients soumis à la double peine d’une alimentation industrielle. Ou dans les champs, un massacre de corvidés autorisé parce que certains déséquilibres nous dépassent. 

Ces histoires-là parlent d’une même tentation : celle de s’affranchir du lien qui nous relie au monde, celle de croire qu’il peut être rompu sans conséquence.

Au fond, ce numéro pose cette question : que devons-nous aux autres ? À celles et ceux qui vivent ailleurs. À celles et ceux qui viendront après nous. Aux lieux qui nous font vivre. Aux êtres vivants et à la faune avec lesquels nous partageons le monde. C’est lorsque cette responsabilité est assumée collectivement que rien n’est jamais joué d’avance.

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