Émile fleurs à couper
© Les Enfants d'Émile.

Fleurs à couper : À Frasnes-lez-Anvaing, les Enfants d’Émile cherchent des bénévoles et des porteur·euses de projets

À Frasnes-lez-Anvaing, la coopérative Les Enfants d’Émile cultive un hectare de fleurs à couper de saison et sans pesticides. Elle est à la recherche de bénévoles, mais aussi de porteur·euses de projets pour diversifier la production.

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Coup de pouce | Camille Remacle, journaliste

Au début du printemps, une vingtaine de bénévoles et membres des Enfants d’Émile se retrouvent à Buissenal, dans le Hainaut, sur un terrain bordé de collines, à l’occasion d’un chantier participatif.

Nancy Deleuze, l’une des fondatrices de la coopérative, approche les bénévoles avec deux mottes de terre dans les mains« Regardez comme la terre qu’on laboure depuis quelques années est devenue riche et vivante », dit-elle fièrement en soulevant une motte de terre bien noire dans sa main gauche.

Elle tend ensuite la droite, dans laquelle repose de la terre jaunâtre, sèche et compacte. « Celle-ci provient d’une parcelle qu’on n’a pas encore travaillée, où il y avait des plantations conventionnelles. »

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Les Enfants d’Émile, le nom choisi pour le projet, est un hommage à Émile Hansart, une figure locale bien connue, dont les valeurs humanistes et écologiques ont inspiré les fondateur·ices.

Et depuis sa naissance il y a trois ans, on peut dire que la ferme florale n’a pas chômé : rénovation d’une maison située à proximité de la parcelle afin d’y accueillir des bénévoles venus faire du Wwoofing1 et d’avoir un lieu de réunion, aménagement d’une plantation d’un hectare de fleurs à couper cultivées sans intrant chimique, création et entretien de zones humides en contrebas du champ.

Pour la coopérative, ce n’est que le début. « La priorité maintenant est de relier le terrain à un système d’irrigation. On aimerait aussi avoir un container pour stocker les outils, installer des toilettes sèches, etc. », dévoile Maureen Plas, coordinatrice et productrice au sein de la structure.

Le coût de ces futures infrastructures, combiné au remboursement de l’emprunt contracté pour la maison, est estimé à 100.000 €. « On ne manque pas seulement d’argent, mais aussi de bénévoles pour venir prêter main-forte à nos producteurs », indique Maureen.

Un mandala voué à se diversifier

Vu du ciel, le champ est divisé en huit triangles, formant un mandala géant de 2,5 hectares. Pour l’instant, seuls trois triangles sont occupés par des plantations florales. On y trouve des glaïeuls, des capucines ou encore des narcisses.

Ces dernières sont exploitées par deux producteur·ices, également membres de la coopérative : Maureen, à la tête des Fleurs de Maureen, et Jehan de Lannoy, pour Émile en fête. La première produit des fleurs locales et les livre dans un rayon de 30 kilomètres autour du champ, tandis que le second fournit des fleuristes bruxelloises et confectionne des décorations florales pour des événements. Il est aussi possible de commander des bouquets directement à la coopérative via un système d’abonnement.

Outre Maureen et Jehan, un autre porteur de projet occupe une partie de la prairie avec des chevaux de trait ardennais. « La coopérative a évolué cette année pour devenir une sorte de structure qui accompagne de nouveaux producteurs pour leur faciliter l’accès à la terre et à des outils logistiques. On veut accueillir des projets diversifiés, donc pas uniquement centrés sur les fleurs », détaille Maureen.

Slow Flowers Belgique

La ferme s’inscrit dans le mouvement Slow Flowers Belgique, qui promeut la culture de fleurs de saison produites sans substances phytosanitaires. « Le fait que la production varie en fonction des saisons, c’est acquis pour les fruits et légumes. Mais pas forcément pour les fleurs », explique Jehan.

« Et puis, les fleurs qui arrivent par avion de pays comme l’Éthiopie sont bourrées de produits et leur production a un impact catastrophique sur place », déplore-t-il. Sans oublier que ces produits pulvérisés ont également des effets sur la santé des fleuristes belges qui les manipulent au quotidien.

Il n’y a pas d’activité sur le site durant la période hivernale, mais « l’objectif, c’est de développer la production d’ellébores, qui a la particularité de fleurir en hiver », confie Jehan.

Selon lui, il y a de l’espoir pour la filière dans notre pays : « De plus en plus de fleuristes, généralement des jeunes femmes, ont envie de s’affranchir des fleurs bourrées de pesticides. »

1 WWOOF (« World-Wide Opportunities on Organic Farms ») est une organisation mondiale qui permet à des bénévoles de s’investir dans des fermes biologiques et/ou paysannes en pratiquant le Wwoofing (quelques heures de travail pour s’initier à l’agriculture paysanne et aux pratiques durables et en échange d’un hébergement). 

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