Paniers bio gratuits femmes enceintes
Photo d'archive @ Agricovert

Paniers bio gratuits de produits locaux pour les femmes enceintes : pourquoi pas avec les mutuelles ?

Grâce à la coopérative Agricovert et un subside de la Province de Namur, 90 futures mamans bénéficient de paniers bio gratuits en Brabant wallon et à Namur. Une réussite qui pourrait dépasser le one-shot, à condition de trouver d’autres soutiens. Pourquoi pas les mutuelles, lance le maraîcher à l’origine du projet.

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Delphine Cassiman et Gwenaëlle Marin Avila, journalistes

En novembre 2025, Agricovert, coopérative qui regroupe des producteur·ices bio du Brabant wallon et de Namur, a lancé les paniers de légumes « Mini-pousses ». L’ambition ? Distribuer chaque semaine un colis de produits frais et gratuits à des femmes enceintes, dès le troisième mois de grossesse.

L’instigateur de cette initiative est Frédéric Jadoul, maraîcher depuis trente ans. « C’est en lisant un article que j’ai pris connaissance de ce projet porté par la ville de Strasbourg depuis trois ans, explique-t-il. J’ai trouvé ça à la fois simple et très prometteur car ça permet de toucher d’autres publics que ceux qui sont déjà habitués à manger des produits bio. »

Ce désir d’offrir une alimentation saine aux femmes durant leur grossesse s’est concrétisé grâce à un subside de 10.000 euros, octroyé par la province de Namur. « Nous avons évalué qu’avec cette aide financière, nous pourrions subvenir aux besoins de 80 participantes. Là, on en est à 90. Ça dépasse nos attentes et notre budget, mais Agricovert va financer les coûts excédentaires pour nous permettre d’aller jusqu’au bout », précise Frédéric Jadoul.

Avec trois points de distribution situés à Gembloux, Éghezée et Court-Saint-Étienne, les bénéficiaires choisissent librement l’endroit où elles récoltent leur colis : « Les mamans devaient remplir un formulaire en ligne, détaille le maraîcher. Ce projet était ouvert à tout le monde. Il n’y avait pas de critères de sélection, il fallait simplement joindre son attestation de grossesse. »

Cet article a été publié dans le 25° numéro de Tchak. Vous pouvez le lire en accès libre grâce à notre communauté d’abonné·es. Notre objectif: vous faire découvrir Tchak.

Au-delà des espérances

Fournir une alimentation saine aux femmes enceintes est un enjeu de santé publique capital, pour la coopérative : « Les études montrent que l’organisme est extrêmement fragile et exposé aux perturbateurs endocriniens durant les 1.000 premiers jours de la vie, rappelle Frédéric Jadoul. C’est un moment-clé où les parents posent des choix importants pour l’avenir de leur enfant. Ce type d’initiative permet d’induire une dynamique durable. »

Le maraîcher tient le point de distribution de Mehaigne (Éghezée), avec sa femme Nicole Noël. Selon Frédéric Jadoul, il est encore un peu tôt pour faire le bilan. Sur le terrain, les premiers retours sont néanmoins encourageants : « Je me disais qu’à l’échelle d’une petite commune comme celle-ci, ce serait déjà bien si on avait six ou sept bénéficiaires. Mais on en a régulièrement une vingtaine par semaine. Je crois qu’on arrive à toucher un nouveau public. On va préparer un questionnaire d’évaluation pour que les mamans puissent nous faire des retours après leur accouchement. »

Stéphanie vient chaque semaine au point de distribution de Mehaigne. Elle connaissait la coopérative mais n’y allait pas de manière régulière. À l’annonce de l’arrivée de son second enfant, elle s’est inscrite aux paniers. « J’ai toujours fait attention à mon alimentation de façon générale, explique-t-elle. Avant, j’avais même un potager. Mais je n’ai plus le temps depuis que j’ai un petit garçon. »

Pourquoi pas les mutuelles ?

Noémie, qui attend quant à elle son premier enfant, ne connaissait pas la coopérative. Comme Stéphanie, elle était toutefois déjà sensibilisée à l’importance d’avoir une alimentation saine : « J’achetais déjà du bio avant ma grossesse, mais en grandes surfaces. Aujourd’hui, je suis encore plus consciente de l’importance de la qualité des produits, de leur origine, etc. »

La maman ne cache pas qu’elle a été séduite par un autre aspect de l’initiative, non négligeable : « Le fait que ce soit gratuit nous a vraiment convaincus d’y participer, mon compagnon et moi. » Selon Statbel, le prix des produits alimentaires et des boissons a augmenté de 42% entre 2013 et 2025. Les légumes frais ont subi, quant à eux, une hausse de 26% sur cette même période.

« Cette initiative était un one-shot, mais j’ai l’espoir qu’on trouve de nouveaux financements pour la saison prochaine, confie Frédéric Jadoul. Si on a eu tellement de succès, c’est parce que tout le monde veut réussir son projet de parentalité. On aimerait que d’autres acteurs de la santé, notamment les mutuelles, s’investissent dans les paniers Mini-pousses pour envisager un prolongement à cette aventure. »

Infos : agricovert.be

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