Tanguy Wera s’est lancé un défi fou : produire et commercialiser un pain d’épeautre 100 % local au cœur de la commune de Stoumont, en province de Liège. Pour acheter un four à bois, il a lancé un appel aux citoyen·nes. Et pas de doute: outre le fait d’avoir accès à des pains paysans, tous et toutes auront chaud au coeur.
Camille Remacle, journaliste
« Je faisais déjà du pain pour mes proches, et puis je me suis dit, pourquoi ne pas me lancer ? » La passion de Tanguy Wera pour le pain à l’épeautre n’est pas née d’hier. « En 2020, quand j’étais échevin, on avait eu le projet de créer un pain d’épeautre 100 % Stoumontois. Malheureusement on a eu quelques soucis avec le boulanger, donc on s’était arrêté à la farine », se remémore-t-il.
Cette fois-ci, le père de famille compte bien concrétiser son projet. « On travaillera notamment avec de la farine moulue au moulin de Lafosse, à Manhay, dont l’épeautre est issu de l’exploitation de l’agriculteur bio Philippe Counasse, lui aussi basé dans la commune », explique-t-il.
Tanguy n’est pas qu’un aspirant boulanger, il est aussi professeur de français dans une école secondaire à Liège. « Je ne compte pas arrêter mon métier de prof. D’ailleurs nous allons produire deux fournées par semaine, soit 88 pains. L’une sera dédiée aux citoyens de la commune et des alentours, tandis qu’on prendra l’autre avec nous en allant travailler, pour la vendre à Liège. »
Avant toute chose, il faut réussir à la construire, cette boulangerie. Pour cela, Tanguy a besoin de fonds. « Ici ,on a déjà fait une partie des travaux, dont l’électricité, la maçonnerie… Normalement, on va recevoir notre four la première semaine de décembre. Il s’agit d’un Panyol, un four à bois en terre cuite originaire de la Drôme.»
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Les prénoms inscrits sur la dalle
C’est principalement pour le four que Tanguy a lancé ce crowdfunding.Pas de doute: toutes les personnes qui l’ont aidé auront chaud au coeur. « Depuis le début, j’ai inscrit méthodiquement sur la dalle en béton armé qui accueillera le four les prénoms de tous ceux et toutes celles qui, d’une manière ou d’une autre, ont contribué à ce que ce projet fou prenne forme », explique Tanguy sur sa page Facebook.
Et d’ajouter: « Symboliquement, ça avait du sens, pour moi, de me dire qu’à tout jamais, l’assise solide du fournil serait celle-là : un réseau dense d’amis, de voisins et d’inconnus qui ont cru en cette boulangerie avant que n’en sorte le premier pain, avant qu’on y allume le premier feu.»
La vente de pain fonctionnera via un système de commande et de retrait. Ils seront vendus aux alentours de 4 €, « pour l’instant, le but ce n’est pas de faire du profit, c’est juste de rembourser nos outils de production », conclut Tanguy.
> Pour soutenir Tanguy et la boulangerie du bord de la colline, c’est par ici.















