À Ramillies, nous sommes allés voir Roland de Ghellinck. Agriculteur conventionnel de 67 ans, il a creusé 26 mares sur ses terres. Autant pour la biodiversité que pour obtenir certaines primes. Entre contraintes administratives et perspectives incertaines, pas simple de s’adapter continuellement. Tour de plaine.
Frédérique Hupin, journaliste
« Quand j’ai vu que l’on pouvait obtenir des primes pour créer des mares, je me suis dit : “pourquoi pas”, se souvient Roland de Ghellinck. Aujourd’hui, on est autant jardinier qu’agriculteur et on prend les primes qui passent ; c’est devenu une partie de notre métier, on n’a pas le choix. » Et l’agriculteur de se remémorer : « Créer des mares, c’est une idée que j’avais déjà envisagée. J’ai une zone d’étangs, je pouvais la prolonger vers mes cultures. En fait, ça m’intéresse de préserver le biotope. Alors, j’ai fait le pas ».
Le biotope est un terme scientifique qui désigne une aire géographique réduite ayant des conditions climatiques et biologiques définies. C’est le mot le plus fréquemment utilisé par Roland de Ghellinck, au cours d’une balade le long de ses champs. Je me suis retrouvée plongée dans un petit paradis issu tout droit des livres de Nicolas Vanier et de L’École buissonnière, son film qui se déroule en Sologne.
« J’aime la nature, j’ai une chance inouïe d’être ici », s’exclame d’ailleurs Roland après m’avoir accueillie. « Mon père m’a proposé de devenir agriculteur sur les terres familiales. Je suis devenu locataire de ma famille. »
Après avoir enfilé mes bottes à la sortie de la cuisine, je traverse avec lui une prairie en pente sur laquelle on devine le passage récent d’animaux. « Ce sont les vaches de mon voisin, un ami éleveur; elles broutent mes prairies. Moi, je n’ai jamais eu de bêtes, contrairement à l’agriculteur avant moi. Ses vaches pâturaient l’été dans les prairies le long du cours d’eau. L’hiver, cette zone se transformait en prairies humides. C’est là que j’ai creusé des mares, voici une vingtaine d’années, dans le prolongement des deux étangs déjà existants. Mon père, lui, voulait en faire une plantation de peupliers. »
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Cet article a été publié dans le cadre de notre rubrique « Allons voir». Ils ou elles sont agriculteurs, agricultrices, artisan·es. Leurs pratiques restent souvent conventionnelles, mais quelque chose, parfois, vient bousculer le quotidien : une rencontre, une contrainte, une curiosité, un doute. Voire des primes. Chez certain·es, cela déclenche une réflexion, un essai, un petit pas. Chez d’autres, cela ne suffit pas. Cette rubrique s’intéresse à ces moments-là : ce qui éveille une question, ce qui donne envie d’essayer, ce qui freine et fait peur. On cherche moins à montrer des modèles qu’à comprendre comment s’opère ou non le mouvement vers d’autres pratiques, entre convictions, réalités économiques et hésitations liées à la vie.















