La visite a mis un superbe coup de projecteur sur le projet. Ce mardi matin, la reine Mathilde s’est rendue à Floreffe, au siège de la coopérative Paysans-Artisans. Une rencontre dans la continuité de la table ronde sur la pauvreté et l’inclusion sociale organisée en novembre dernier au Palais royal.
Yves Raisiere, journaliste
Cette fois, place au terrain. En collaboration avec le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté (RWLP), la coopérative développe depuis plus d’un an un système de solidarité alimentaire unique en son genre.
« Si nous avons voulu nous réunir ici, c’est pour expliquer à la Reine notre alliance et ce projet, résume Christine Mahy, secrétaire générale du RWLP, à l’agence Belga (voir ici sur le site de La Libre Belgique). Il permet à des personnes dont le portefeuille est très plat d’accéder à une alimentation de qualité. D’un côté, une réduction de prix ; de l’autre, une juste rémunération pour les producteurs. »
À 10 heures précises, tout était prêt pour accueillir l’invitée royale. Le site, soigneusement préparé, reflétait l’esprit du lieu : simplicité, sobriété et chaleur humaine. Dans l’entrée, des bouquets champêtres encadraient le nouveau panneau de présentation de la coopérative. À l’étage, une salle rafraîchie par deux climatiseurs luttant contre la chaleur que la nuit n’avait pas effacée ; et une grande table inhabituellement nappée et fleurie. Au rez-de-chaussée, un espace accueillant pour les services de sécurité et la presse, café et croissants à disposition. Et dans l’allée et les aires de livraisons, plus un carton ou un cageot au sol témoignant de la valse des livraisons. Bref, les petits plats dans les grands, mais sans tape à l’oeil.

Une solidarité concrète
La visite a commencé à l’aubette, la nouvelle échoppe ouverte tous les jours en fin de journée. Sur les étals, bien évidemment, des produits locaux; des tomates de la Ferme de la Vallée, des poivrons du Jardin Bijard, des aubergines de la Ferme de Goyet, des haricots plats de la Ferme du Peuplier, des pastèques, des melons ou des avocats du Val de la Casella.
Autant de produits de qualité – et bien d’autres – que l’on retrouve dans tous les magasins de Paysans-Artisans grâce à plus de 170 producteur·ices ou coopératives de producteur·ices, et qui sont proposés à moitié prix à une trentaine de bénéficiaires grâce à un dispositif financé à la fois par une caisse citoyenne, un soutien public et un mécène.
« Des citoyens qui ont un peu plus de moyens achètent des bons de solidarité, explique Thérèse-Marie Bouchat, coprésidente de la coopérative, à Boukè, télévision namuroise (voir ici). « Ces montants sont ensuite doublés par la cellule Manger Demain de la Région wallonne, complétés aujourd’hui par la Loterie nationale. Cela permet à tous de fréquenter les mêmes magasins, de créer de la mixité sociale. »
Un moment fort
Après l’aubette, direction la grande salle, où la reine a notamment pu entendre les témoignages des personnes concernées. Un moment fort, chargé d’émotion et de dignité. « Elles ont pu lui dire ce que cela change dans leur vie quotidienne, dans leur manière de penser, dans leur fierté aussi, souligne Christine Mahy (RWLP). Celle de pouvoir acheter de bons produits, dans des commerces à taille humaine, et de connaître ceux qui les produisent. »
Le projet inclut également une recherche participative, menée avec les bénéficiaires. Objectif : analyser et documenter les impacts du dispositif. Les résultats seront dévoilés le 17 octobre, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la pauvreté, au théâtre de Namur.
Une visite simple et engagée
La matinée s’est achevée par une visite du centre logistique de la coopérative. Dans une atmosphère détendue, la reine Mathilde a pris le temps d’échanger avec les membres de l’équipe, posant de nombreuses questions sur l’organisation du travail et la logistique.
Aux côtés de la souveraine, plusieurs responsables politiques et institutionnels étaient présents : Yves Coppieters (Les Engagés), ministre wallon de la Santé et de l’Économie sociale, Denis Mathen, gouverneur de la province de Namur, et Delphine Monnoyer (RPF), première échevine de Floreffe.
On vous le disait, une visite qui a permis de faire passer le message sur une initiative collective qui, loin des grands discours, met aussi en œuvre une économie plus humaine.
➡️ Voir d’autres photos de la visite sur la page Facebook de la maison royale ou sur le site de l’agence Belga.















