Den Berk Délice tomates
Den Berk Délice, les tomates noir-jaune-rouge de la honte © Philippe Lavandy

Den Berk Délice, les tomates noir-jaune-rouge de la honte

Avec plus de 70 hectares hors sol, Den Berk Délice est un des plus gros producteurs belges de tomates. Pour assurer la logistique, ce groupement d’entreprises peut compter sur les services de Hoogstraten, imposante coopérative flamande qui fournit la grande distribution en Belgique et à l’étranger. 

Synthèse d’un article de Clémence Dumont, journaliste | clemence@tchak.be

Les petits noms de ses tomates ? Kumato Délice, Yoom Délice, Party Délice, Pure Délice, Miss Perfect Délice, Petite Délice ou encore Chef Délice. Des produits que Den Berk Délice écoule tant sous marque propre que sous les marques de ses distributeurs. Colruyt, Carrefour et Delhaize font partie de ses gros revendeurs (la chaîne au lion l’a même mis à l’honneur dans le cadre de sa campagne « Belhaize », au printemps 2021).

+++ Cette enquête est au sommaire du numéro 7 de Tchak (automne 2021), en vente depuis ce mardi 28 septembre.

Derrière ce succès commercial – Den Berk Délice est en forte croissance – se cache une autre réalité. Les serres mobilisent jusqu’à 800 ouvriers, principalement des Roumains sous contrat saisonnier. Ceux-ci sont soumis à des conditions de travail déplorables. Cadences infernales, horaires qui dépassent les limites légales, pauses insuffisantes, accidents non déclarés, bakchichs pour obtenir des postes… Les témoignages sont accablants. Extrait :

  • « Certains jours, on doit travailler de 7h jusqu’à 21h. On n’a droit qu’à 30 minutes de pause à midi et deux autres pauses de quinze minutes. En été, il fait super chaud. Il y en a qui tombent dans les pommes. Une fois, j’ai emmené un jeune se reposer à la cantine parce qu’il avait été pris de vertige. On l’a obligé à se remettre au travail ! » 

Des assistants sous contrat permanent chargés d’encadrer les saisonniers confirment les méthodes en place chez Den Berk Délice. Extrait : 

  • « Je devais mettre la pression sur les saisonniers pour qu’ils travaillent toujours plus vite. Même ceux qui remplissaient leurs objectifs, je devais les pousser à être plus productifs encore. Oui, j’ai parfois été méchant. Mais je n’avais pas le choix. Si mon équipe n’atteignait pas le rendement fixé par mon superviseur, c’est sur moi que cela retombait ! »

Contactée, la direction de Den Berk Délice assure que le bien-être de ses travailleurs est au centre de sa gestion des ressources humaines. Elle reconnaît que le rythme de travail est parfois élevé et précise qu’elle cherche activement des solutions pour faire face au manque d’ouvriers. Mais elle ne réagit pas aux affirmations les plus graves.

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