Tchak sur le fil : avec notre énergie et votre soutien, relever le défi

Ne rien lâcher : comme en atteste le sommaire de notre nouveau numéro (automne 25), c’est ça, l’esprit de Tchak. On vous y propose un retour sur nos 22 premières éditions en huit grandes interviews. Huit occasions de prendre par un autre bout des thématiques que nous estimons d’utilité publique, de voir si du chemin a été parcouru.  

Dans ce monde qui fiche les jetons, où toutes les lignes blanches sont en train d’être franchies, ce n’est pas le moment d’abandonner. Depuis le départ, Tchak s’est notamment donné pour objectif de révéler la puissance des chemins de traverse. Dont ceux empruntés par des paysan·nes et des citoyen·nes qui avancent ensemble. A l’horizon, de l’espoir, de la démocratie, une robustesse collective. 

Cette volonté, nous l’avions déjà quand on a démarré l’aventure, en 2019. François Brabant, fondateur de Wilfried, coopérative de presse née quelques années avant la nôtre, nous avait alors dit ceci : « Les jours où vous perdrez courage, et il y en aura, rappelez-vous pourquoi vous avez décidé de créer un média. Ça vous reboostera ! » 

210.000 euros par an pour quatre numéro

Nous y avons souvent repensé. Pas tellement parce que créer un média demande une énergie folle. Après tout, c’est le lot de quiconque crée une entreprise.

Mais nous ne nous voilons pas la face : notre petite coopérative de presse est sur le fil du rasoir financièrement. Cinq ans après notre premier numéro, elle n’est toujours pas à l’équilibre. Alors que nous devrions vendre quelque 2.500 revues par numéro, nous en sommes à seulement 1.800. 

Cette fragilité économique questionne notre capacité à durer. À faire notre métier. Enquêter prend du temps : il faut trouver des sources, créer la confiance, multiplier les rendez-vous de terrain, vérifier chaque fait. Financer, aussi, l’écriture, la relecture, la mise en page. Peu de titres parviennent à atteindre l’équilibre, surtout quand ils défendent, comme nous, le papier, l’artisanat, des conditions de travail dignes et une indépendance vis-à-vis de la publicité.

Abonnements: une offre plus juste et plus lisible

Très concrètement, publier chaque année quatre numéros de Tchak coûte 210.000 euros. Cet argent, nous ne pouvons le trouver qu’auprès de vous. C’est pourquoi nous avons simplifié nos offres d’abonnements, pour les rendre plus justes et plus lisibles. Prochainement, nous allons également ouvrir un canal spécifique de cofinancement de nos enquêtes.  Enfin, en décembre, nous allons également relancer un appel public à capital.

Un nouveau format et de nouvelles rubriques

Nous ne pouvons pas demander votre soutien sans nous remettre nous-mêmes en question. Comment être plus accessibles et plus intéressants pour vous ? Comment nous faire davantage connaître ? Comment mieux gérer financièrement la coopérative tout en gardant notre âme ? Ces différents chantiers vont aboutir ces prochains mois :

  • nouveau format et nouvelles rubriques en décembre pour la revue,
  • nouveau site internet au printemps, avec un accès aux archives,
  • nouvelle boutique plus fonctionnelle,
  • etc

Plus de 500 coopérateurs et coopératrices, plus de 800 abonné·es et une trentaine de partenaires croient déjà en nous.

Davantage de bras

Aujourd’hui, il nous faut pourtant davantage de bras :

  • des journalistes free-lance pour enquêter à nos côtés,
  • des ambassadeurs et ambassadrices pour faire connaître la revue,
  • des administratrices et administrateurs supplémentaires pour nous épauler. 
  • des lanceurs et des lanceuses d’alerte pour nous interpeller sur des faits d’intérêt public,

Tchak n’est pas l’affaire d’un petit cercle, c’est tout le contraire. C’est un projet collectif qui a besoin de toutes les énergies. De celles qui ne veulent pas d’un monde faible avec les forts, fort avec les faibles.

À la rédaction, nous sommes guidées par la conception du journalisme d’investigation de Mark Lee Hunter, journaliste et membre fondateur du Global Investigative Journalism Network. Pour ce dernier, la finalité est de réformer un monde « qui, d’un côté, génère des souffrances inutiles, et qui, de l’autre côté, ignore des solutions disponibles pour amoindrir ses problèmes ».

+++ Interview | Médias et journalisme: « Raconter la complexité, c’est nécessaire»

Un média libre grâce à sa communauté

Expliquer cette philosophie, mettre des mots sur notre ligne éditoriale – comme nous le faisons aujourd’hui avec notre manifeste sur un journalisme combatif et fertile – n’est pas un luxe ni de l’autopromotion : c’est une nécessité. Un média libre ne dure que par la confiance de son public. Et cette confiance se nourrit de transparence, d’où la nécessité :

  • d’expliquer la manière dont nous affinons notre cap,
  • de dire clairement combien coûte une enquête,
  • de partager la façon dont nous choisissons nos sujets,
  • de montrer pourquoi nous investissons dans tel outil ou telle évolution.
  • Etc.

C’est aussi une manière de rappeler que Tchak est une entreprise un peu particulière.

Voilà pourquoi nous nous permettons de détailler notre travail, nos choix et nos défis dans notre nouveau numéro, le dernier que vous trouverez sous cette forme. La suite dépendra de notre énergie (on en a à revendre !). Mais aussi de votre soutien. Car sans abonnements et achats en librairie supplémentaires, sans dons, sans nouvelles et nouveaux coopérateurs, Tchak ne pourra pas franchir ce cap.

Alors, si vous estimez que Tchak, média combatif et fertile, sans pub et sans grand patron, mérite d’exister, serrons-nous les coudes pour qu’il continue de grandir.

Je soutiens Tchak