Combien rapportent les éoliennes en Wallonie ? Tchak a enquêté sur les dessous des contrats entre les opérateurs industriels et les propriétaires de terres, dont de nombreux agriculteur·ices.
Au regard des objectifs 2030, des dizaines de parcs doivent encore voir le jour dans notre région. Lieu d’implantation, les zones idéalement situées sur la carte des vents, dont la majorité se trouve en terres agricoles.
Dans le cadre de cette enquête soutenue par le Fonds pour le journalisme, nous avons calculé combien une éolienne pouvait rapporter à un opérateur industriel. Pour certaines, le bénéfice net peut monter jusqu’à 200.000 euros par an.
Comment Tchak a-t-il réussi à calculer ce montant ?
Nous sommes partis d’un article de l’Union des Villes et Communes de Wallonie Communes de Wallonie datant de 2010, qui portait sur la répartition des coûts entre les différents postes d’un projet, et son taux de rendement moyen.
➕ Nous avons contacté deux associations pour réactualiser les données relatives à ces différents postes : coûts de développement et d’investissement, durée d’exploitation, charges financières, volume de production, prix de l’électricité, etc.
➕ Nous avons alors fourni ces données à une IA et lui avons demandé de calculer un bénéfice net sur un an. C’est elle qui nous a donné ce nombre.
➕ Nous l’avons ensuite recoupé en isolant une sous-société d’un opérateur industriel et en analysant, avec l’aide d’un expert, ses comptes annuels.
Au final, nous sommes quasi-tombés sur le même nombre: 200.000 euros sur le dernier excercice. Par contre, lissé sur les années 2016 à 2023, ce dernier avoisinait plutôt les 110.000 euros par mât. Un montant qui reste confortable.
Sky Sweeper, le Wind For Life d’Eneco
Cette sous-société s’appelle SkySweeper. Dans le secteur, on appelle ça un SPV (special purpose vehicle) ; un véhicule financier où les actifs
sont titrisés, de façon limiter les risques et faciliter la transmission.
Entre 2016 et 2023, Sky Weeper a engrangé plus de 12 millions nets. Grâce au vent, et grâce aussi aux certificats verts octroyés par la Wallonie.
Son actionnaire ? Il s’appelle Eneco Wind Belgium. Il détient une vingtaine d’autres SPV en Belgique.
Ces SPV ont généré 35 millions d’euros sur le dernier exercice. Des millions qui – nous avons vérifié – sont intégralement remontés chez l’actionnaire d’Eneco aux Pays-Bas. Qui lui-même appartient à un consortium composé de Mitsubishi et Chubu (Japon).
Rien d’illégal (à première vue) dans tout ceci. Simplement, une optimisation fiscale qui souligne l’expertise financière, technique et juridique des acteurs du secteur.
Au fait, savez-vous combien un agriculteur·ice propriétaire de terre touche, lui, pour un mât installé sur une de ses parcelles ? Ça peut aller jusqu’à 25.000 euros par an pendant parfois 25 ans (renouvelables), pour les parcelles les mieux situées. Un Wind For Life , c’est vrai, même s’il reste bien éloigné de celui gagné par certains opérateurs industriels.
A condition de ne pas signer n’importe quoi comme contrat, comme on vous le révèle dans notre enquête.

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