Cow | Vaches 05/05/2018

Faux lait en poudre : la concurrence déloyale de l’industrie européenne

Entre 2015 et 2018, les exportations de l’industrie laitière belge vers l’Afrique de l’Ouest ont pratiquement triplé grâce à des prix très bas. Une concurrence déloyale pour les producteurs locaux africains. La solution ?  Elle passe notamment par une prise de conscience du politique et des consommateurs belges.

Regard signé par Pierre Coopman, rédacteur en chef (ONG SOS Faim) |  pierre.coopman@sosfaim.ong

L’évolution est très marquée. Selon les derniers chiffres cités par Willy Borsus 1, ministre wallon de l’Agriculture (MR), les exportations de l’industrie laitière belge vers l’Afrique de l’Ouest ont grimpé de 812 à 2 112 tonnes entre 2015 et 2018. Une courbe qui ne fait que reproduire celle des exportations de l’Union européenne. L’impact sur les marchés locaux est à la hauteur de cette concurrence déloyale. Décryptage. 

1. De quels produits laitiers est-il question ? 

L’Europe exporte vers l’Afrique de l’Ouest deux types de produits : du lait en poudre classique, mais aussi et surtout du « mélange MGV » (abréviation de « matière grasse végétale »). À  l’origine de cette nouvelle filière, la hausse du prix du beurre – produit à haute valeur ajoutée – sur des marchés mondiaux rémunérateurs. Une aubaine pour l’industrie laitière, qui non seulement profite de cette hausse mais, en plus, valorise ses résidus.  

+++ Ci-dessous, le clip – très bien fait – de SOS FAIM sur le problème. Et ici, le dossier complet.

Dans le cadre de sa campagne “N’exportons pas nos problèmes”, SOS Faim a réalisé ce petit clip très bien fait sur les conséquences de l’exportation – par l’industrie laitière européenne – de poudre de lait ré-engraissée en Afrique de l’Ouest.

Le procédé est le suivant : en Europe, la matière grasse est extraite du lait pour en faire du beurre. Transformé en poudre, le résidu de lait, également appelé poudre de babeurre, est ré-engraissé principalement avec de… l’huile de palme (celle-là même dont la production entraîne notamment une déforestation grave et dont laconsommation excessive comporte des risques pour la santé).

C’est donc principalement ce « mélange MGV » qui est exporté vers l’Afrique de l’Ouest, où il est vendu 50 % moins cher que le lait local. Une concurrence évidemment déloyale, qui pèse sur le développement de filières de proximité. 

Elle pose aussi question en termes de santé publique : selon les éleveurs et éleveuses d’Afrique de l’Ouest, cette poudre ré-engraissée présente moins d’avantages nutritionnels, ce que les consommateurs africains ne savent pas en raison de la faiblesse des lois locales en matière d’étiquetage.

2. Qui sont les acteurs européens de l’industrie laitière ?

Les exportations européennes de mélange MGV sont aujourd’hui nettement plus élevées que celles de lait en poudre classique : 276 500 tonnes contre seulement 92 500 tonnes pour l’année 2018. Une hausse de 234 % en deux ans ! […]

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