Vignobles wallons
© Gaëlle Henkens

Vignobles wallons : les raisins de l’inclusion

La vigne n’est plus une affaire de nantis. La Wallonie compte de plus en plus de vignobles associatifs ou coopératifs. Un enracinement qui porte ses fruits sur le plan de l’inclusion sociale, de la réinsertion socioprofessionnelle et d’un remaillage du territoire. Enquête dans les coteaux du Vin de Liège, du Poirier du loup et du Vin de Genval.

Valentine Stoumon, journaliste | Gaëlle Henkens, photo-journaliste

Fin novembre 2021. Heure-Le-Romain. Joli nom pour un lieu hors du temps, à quinze minutes seulement du centre de Liège. Des coteaux éclairés par un soleil doux. Des rayons un peu fluides s’étirent sur la campagne nappée d’une brume automnale. Les vendanges sont bouclées depuis peu.

Vignobles wallons
+++ Cette enquête fait partie d'un dossier sur les vignobles wallons publié dans notre revue (numéro 11 - automne 2022) et sur le web. Un travail financé par le Fonds pour le journalisme et par Tchak.

L’équipe du Vin de Liège s’affaire en plein air. Les tables sont dressées dans l’herbe. Du bois garni de nappes. Y sont posés des plats faits maison, une bouteille ou deux. Salade arménienne – viande, champignons, carottes, épices –, Jupiler et vin mousseux qu’Alec Bol, administrateur délégué de la coopérative, fait circuler sans façon. Un dessert roboratif : gâteau au chocolat et à la banane.

Vin de Liège est une coopérative citoyenne avec un objectif d’équilibre entre économique, social et environnemental. Elle vend son propre vin, est financée par ses coopérateurs et a atteint ces dernières années son seuil de rentabilité. Mais surtout, elle est l’incarnation du modèle social et multiculturel par excellence.Lorsque nous arrivons, l’équipe est occupée à casser la graine. 

Elle fête le départ d’un des siens. Un homme au visage rond, le cheveu un rien grisonnant, nous présente la salade épicée, l’œuvre de sa femme. Hamlet Sargsyan est arménien, il a 45 ans. Il a exercé des professions diverses dans le domaine agricole et mécanique avant de travailler, durant un an et demi, pour Vin de Liège. 

Hamlet a été mécanicien et conducteur de camion. En Arménie, il détient un permis poids-lourd mais celui-ci n’est pas valable en Belgique. « Il faut le repasser », explique-t-il. En attendant, il a fait ses preuves ici en tant qu’ouvrier agricole.

Autre visage : celui de Yasar Poyraz, un Turc de 40 ans. Un sourire lui fend la figure. Le teint légèrement hâlé. Lui aussi a exercé divers métiers, notamment dans le bâtiment. Tout comme Ahed Al-Hadeethi, un Irakien de 35 ans, informaticien de formation, et Matty Lahdo, un Syrien de 45 ans. Soudeur de métier, il se présente comme un « travailleur polyvalent ».

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