Cédric Saccone, maraîcher à la Ferme au Moulin, à Remicourt.
Cédric Saccone, maraîcher à la Ferme au Moulin, à Remicourt.

Maraîchage : “On nourrit 350 familles par semaine”

Et si vous regardiez les maraîchers comme de vrais patrons d’entreprise ? Exemple avec Cédric, de la Ferme au Moulin, à Remicourt. Comptes parfaitement gérés, chiffre d’affaires en hausse et belles perspectives. Ça ne se dit pas ? Dans le secteur des PME, si. Alors pourquoi pas aussi dans le maraîchage ?

Yves Raisiere, journaliste | yrai@tchak.be

« On nourrit 350 familles par semaine. Ça fonctionne parce qu’on a une rigueur, un suivi clair de nos rentrées et de nos sorties »…

Voilà qui est dit avec une certaine assurance. Cédric Saccone n’est pourtant pas du style à la ramener. Mais pas, non plus, du genre à la fermer. À question précise, réponse précise, tout simplement. Une posture franche renforcée par une énergie contenue. Ce gaillard-là, c’est clair, faut pas le déranger pour des broutilles pendant les heures de service. Juste un sms concis, réponse immédiate pas assurée. Le taf est prioritaire. Somme toute, l’esquisse d’un vrai patron. Ah oui : un large sourire aussi. Bienvenue à la Ferme au Moulin, à Remicourt. Chiffre d’affaires : depuis trois ans, en progression de 25 % chaque année.

Bienvenue à la Ferme au Moulin, à Remicourt, chez Cédric, Céline, Eva, Lilia et Tiago. Les parents gagnent leur vie en pratiquant le maraîchage.
Bienvenue à la Ferme au Moulin, à Remicourt, chez Cédric, Céline, Eva, Lilia et Tiago. © Jérôme Heymans

Cédric Saccone, quelques mots, d’abord, pour camper votre exploitation…

On travaille sur deux hectares en maraîchage, dont au moins 50 ares sous tunnel. Cela permet d’avoir des légumes très tôt et très tard dans la saison. On en produit près de septante variétés. On fait aussi un peu de petits fruits, beaucoup de fraises, et on vient de planter un verger. 

Combien de travailleurs dans votre entreprise ? 

Le maraîchage finance quatre temps pleins. Émile est pensionné, du coup il a un statut de travailleur indépendant. Dorian est ouvrier à temps plein en CDI depuis 2 ans et demi. Jérôme, qui vient de commencer début février à temps plein. Et enfin il y a moi. Par ailleurs, il y a encore Céline, mon épouse, qui s’occupe de nos autres activités : stages pour enfants, animations équestres, accueil d’écoles, gîte à la ferme. Et aussi le… magasin.

Comment écoulez-vous vos produits ? 

On vend 65 % de notre production dans notre magasin. Pour le reste, on travaille avec des groupements d’achat en commun, des restaurants et des réseaux de petits producteurs, comme la Ruche qui dit oui, la Coopérative des petits producteurs à Liège, la Coopérative ardente, etc. Cela nous permet de diversifier les produits en magasin : du lait, du jus, du miel, des œufs, du fromage, etc. En échange, les autres vendent nos légumes.

Vous vous faites épauler par un comptable ? 

Par un conseiller financier qui comprend notre projet. J’ai changé trois fois avant de le trouver. C’est un bureau de Verlaine qui a toujours travaillé avec des agriculteurs. C’est hyper important de pouvoir compter sur une personne de confiance, qui aide à ne pas passer à côté d’une série de charges, qui sait optimiser un investissement et qui connaît bien le secteur. Et qui me dit : « Attention Cédric, là, cette année, tu risques de reverser X euros aux contributions si tu ne fais pas d’investissements ».

Il y a aussi vos salaires à prendre en compte. On peut en parler ?   

Pour le privé, Céline et moi, nous nous versons 2000 euros par mois pour tous les deux. Sauf, justement, en période hivernale, entre décembre et mars, où nous redescendons à 1 200 euros. Cela dit, ce salaire, c’est hors charges. Le crédit hypothécaire, la camionnette, le mazout, l’électricité, le téléphone, notre électricité, … ces postes font partie des frais professionnels. Donc le salaire qu’on s’octroie, c’est pour la scolarité des enfants, les frais médicaux, les courses. Avec ça, on a de quoi vivre et mettre un peu d’argent de côté. Ce qui nous permet, en période hivernale, de moins puiser, ou de ne pas puiser du tout. 

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