Dans les quartiers Nord de Bruxelles, aux Marolles et à Forest, le projet P.A.N.I.E.R.S porté par les GASAP pour les personnes en situation de précarité recherche du soutien. Dons, bénévolat ou mobilisation pour défendre le droit à une alimentation de qualité : chaque geste fait la différence. « Notre réseau est un mouvement citoyen et nos actions sont possibles grâce aux individus qui se mobilisent chaque semaine pour manger autrement », rappelle Zara Palm, chargée de projet.
Camille Remacle, journaliste
Le Coin des voisins, espace communautaire situé dans le quartier Héliport-Anvers à Bruxelles, est bien animé en ce jeudi d’automne. À l’entrée, quatre bénévoles se relaient pour gérer la distribution des paniers alimentaires des Groupes d’achats solidaires de l’agriculture paysanne (GASAP), tandis qu’au milieu de la pièce Morgane anime un atelier de confection de lessive maison.
« Mes ateliers ont toujours leur petit succès, mais grâce aux distributions de paniers organisées par les GASAP, j’ai beaucoup de personnes curieuses qui viennent s’initier à la fabrication de lessive », se réjouit Morgane.
Ces paniers ne sont pas tout à fait des paniers comme ceux que les GASAP distribuent un peu partout, principalement dans la capitale. «Ici, les coûts sont couverts par des sources de financement publiques et privées en complément du prix libre que les bénéficiaires donnent, explique Zara Palm. Notre but premier, c’est de rassembler les gens et de plaider pour l’accès à une alimentation locale et de qualité pour tous et toutes. »
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Ce qui est bien ici, c’est que si tu as une fin de mois compliquée, tu n’es pas obligée de payer le prix plein ; tu donnes ce que tu peux. »
Ces distributions qui ont lieu deux fois par mois dans le cadre du projet P.A.N.I.E.R.S (Pour l’accès à une nourriture inclusive, écologique, régionale et solidaire) sont couplées à des activités. Les quartiers nord de Bruxelles ne sont pas les seuls à en bénéficier, le quartier des Marolles et Forest ayant aussi droit à leurs propres antennes. En chiffres, cela équivaut à 24 livraisons par an, dans chaque point de distribution, ces derniers composant à leur tour entre 15 et 20 paniers.
Jamila, 51 ans, a déjà participé trois fois à l’atelier de Morgane. « Au départ, j’étais venue ici pour les paniers, parce que c’est important pour moi de bien manger, mais consommer des légumes bio qui proviennent des magasins, c’est hors de prix. Ce qui est bien ici, c’est que si tu as une fin de mois compliquée, tu n’es pas obligée de payer le prix plein ; tu donnes ce que tu peux. » Pour elle, fréquenter Le Coin des voisins, c’est comme un bol d’oxygène : « J’habite dans le quartier depuis pratiquement toujours et en venant ici, j’ai rencontré plein de voisins que je ne connaissais pas. »

Rémunérer les agriculteur·ices
Aujourd’hui, dans leur panier, les mangeuses et les mangeurs trouveront des carottes, du pakchoï, des rutabagas, des radis noirs… des légumes de saison, issus de l’agriculture biologique et locale, comme dans chaque panier GASAP. « C’est très important pour nous de composer nos paniers avec de bons produits, mais surtout de rémunérer correctement les agriculteurs et les agricultrices avec qui on travaille », insiste Zara.
Chaque antenne se fournit en légumes chez un maraîcher différent. « Ça n’aurait pas eu de sens de se fournir uniquement chez une personne. En procédant de la sorte, on permet à trois producteurs différents de s’assurer des rentrées stables tous les mois. » Par exemple, pour le Coin des voisins, les GASAP achètent les produits de François Fergloute de la ferme La Terre du Milieu. Ce sont également les producteurs qui s’arrangent pour livrer les denrées au point de distribution auquel il sont associés.
Des subsides pour subsister
La survie du projet P.A.N.I.E.R.S dépend beaucoup des subsides et des dons que les GASAP perçoivent. « Pour cette antenne-ci, on a reçu assez de fonds pour tenir jusqu’en 2027, mais pour les Marolles, on ne tiendra que jusqu’en février. Pourtant, on aimerait beaucoup pérenniser le projet », espère Zara.
Le financement de chaque distribution varie, puisque les subsides communaux et locaux dépendent d’appels à projets différents, propres à chaque lieu occupé. Dans les structures partenaires qui sont impliquées dans les paniers distribués à Héliport-Anvers il y a, entre autres, la ville de Bruxelles et le contrat de quartier durable Héliport-Anvers (qui fournit le lieu).
Mais ces soutiens extérieurs ne sont pas les seuls qui maintiennent le projet à flot. « L’argent donné par les bénéficiaires pour leurs paniers couvre entre 25 et 30% des frais de production et de livraison. Les donations de particuliers, faites via notre plateforme liée à la Fondation Roi Baudoin et les cotisations de nos membres participent au maintien de la viabilité des paniers », conclut Zara.
À cause de la crise politique que traverse Bruxelles, l’incertitude grandit quant à la pérennité d’un tel projet, raison pour laquelle les GASAP souhaitent faire appel à la solidarité citoyenne.
> Info | Projet P.A.N.I.E.R.S. des Gasap
















