L’ASBL Sauvons Bambi recherche des pilotes bénévoles de drone pour mener ses actions de sauvetage de faons dans les champs.
Bastien Hanot, journaliste stagiaire
Depuis sa création en 2020, l’association Sauvons Bambi a déjà sauvé plus de 3.000 faons des lames des moissonneuses. Pour continuer sur cette belle lancée, l’ASBL recherche de nouveaux pilotes de drone. Ils ou elles doivent être disponibles durant la période de fauche, qui s’étend de fin avril à mi-juillet.
« L’idéal pour nous, ce sont les pilotes qui possèdent leur propre drone thermique et disposent d’une licence A1/A3, précise Valérie Charles, coordinatrice de l’ASBL. Nous en cherchons surtout dans les provinces du Hainaut et du Luxembourg, où les effectifs sont plus faibles. »
« Nous sommes également à la recherche de propriétaires prêts à nous louer des drones thermiques », ajoute Arnaud Coquilhat, responsable des drones au sein de l’association.
Pour pouvoir mener à bien leur mission, les pilotes sont formés à la détection thermique et à la manipulation des animaux. Ces sessions ont lieu de la fin mars jusqu’en mai.
Cachés dans les hautes herbes
Comment ça fonctionne sur le terrain ? Pour solliciter une intervention avant la fauche, l’agriculteur ou l’agricultrice doit juste prévenir l’ASBL. Celle-ci s’occupe alors d’envoyer un pilote sur place. Celui-ci ou celle-ci survole le champ afin de détecter les éventuelles traces de vie dans les hautes herbes, refuge d’une faune discrète mais bien présente.
« Nous sauvons principalement des faons de chevreuils, parfois de biches, ainsi que des levreaux et des nids d’oiseaux nichant au sol, explique Valérie Charles. Les faons et les levreaux sont pris avec de l’herbe, afin de ne pas déposer d’odeur sur eux, puis ils sont relâchés dans le champ une fois la fauche terminée. Pour les nids d’oiseaux, on installe des banderoles pour indiquer à l’agriculteur qu’il faut préserver cette petite zone.»
Bouleversé par la découverte de faons
Sauvons Bambi a donc vu le jour au printemps 2020, lorsque Cédric Petit, son fondateur, est alerté par un ami agriculteur. Celui-ci est bouleversé par la découverte de faons fauchés dans ses champs. Une situation causée par un réflexe de survie.
« Lorsqu’un son assimilé à un danger retentit, les faons se tapissent instinctivement contre le sol afin de ne pas se faire repérer par un potentiel prédateur », indique Valérie Charles.
Voilà pourquoi beaucoup terminent tués ou gravement blessés par les engins agricoles. Cédric Petit décide alors de réaliser des essais à partir de techniques de détection par drone thermique utilisées en Suisse et en Allemagne. Les résultats sont concluants et l’association est mise sur pied.
Eviter l’intoxication du bétail
Il y a un autre intérêt à ces sauvetages. « Ils permettent d’éviter la propagation d’une maladie pouvant entraîner des pertes de bétail », observe encore Valérie Charles.
Lorsqu’un animal meurt dans l’herbe de fauche et qu’il n’est pas enlevé, la bactérie responsable de cette intoxication peut en effet se développer dans des ballots de foin donnés ensuite en nourriture aux animaux d’élevage.
Face à ces risques, l’association souhaite renforcer la prévention sur le terrain. Dans les prochaines années, Sauvons Bambi espère pouvoir sensibiliser les grandes firmes de fauche, en plus des agriculteur·ices et des gestionnaires de terres.
> Info | Si vous désirez mettre vos talents de pilote au service de l’association ou que vous souhaitez la solliciter pour une intervention, vous trouverez toutes les informations nécessaires sur son site.
















