Paroles de maraîchers
Robin est passé d'un projet à l'autre durant les deux dernières années, pour acquérir des compétences manuelles et se perfectionner. Notamment via les ateliers des P'tits CRAPAU, en vue de construire sa propre grelinette et sa propre houe maraîchère.

#2 Salaire : « C’est quoi, un revenu décent pour un maraîcher ? »

Deuxième témoignage récolté dans le cadre du projet Paroles de maraîchers / maraîchères, celui de Robin Van Leeckwyck, sur le point de lancer son activité (dans le maraîchage diversifié sur petite surface) sur Bruxelles. S’il y participe, c’est parce qu’il veut lancer le débat sur un revenu décent. 

+ Paroles de maraîchers / maraîchères: tous les témoignages

« Chaque maraîcher.ère a sa définition propre d’un salaire décent mais, concrètement, cela signifie pouvoir subvenir à ses besoins : payer un logement, de la nourriture, s’acheter des fournitures… À titre personnel, je vise 1250 euros net par mois en me basant sur mes besoins et sur les revenus de ma compagne. Tout en prenant en considération le fait que si elle change de profession, ce montant devra être revu à la hausse.  »

Maraîcher.e salarié.e publique

Pour le futur maraîcher qui souhaite passer par l’espace-test d’Anderlecht pour lancer son activité, allouer aux maraîchers et maraîchères un salaire fixe qui ne dépende pas uniquement de la production est une piste à suivre. « Je trouve intéressant le concept de maraîcher / maraîchère salarié.e publique. A l’instar d’Anderlecht, certaines communes emploient un.e maraîcher.ère pour fournir les cantines, les crèches ou encore les restaurants sociaux. Son revenu est ainsi assuré à la fin de l’année. Après je ne suis pas sûr que cela fonctionnerait si nous passions tous par là. »

Un enjeu systémique 

Selon Robin, cet enjeu est indissociable d’un autre : le prix à débourser par les mangeur.se.s pour des légumes de qualité. « D’un côté, ce sont des biens qui devraient être accessibles au plus grand nombre. De l’autre, il faut que les maraîcher.ère.s puissent gagner leur vie (convenablement) pour continuer leur activité. Comment résoudre ce dilemme ? Pour moi, il est inutile de livrer des témoignages sans une analyse systémique de la situation : Comment se nourrir localement ? Quelle considération pour les producteurs de nourriture ? Quel soutien des pouvoirs publics ? Quelle médiatisation des paysan.ne.s ? ».

Claire Lengrand, journaliste | claire.lengrand@hotmail.fr

VOUS AUSSI, TEMOIGNEZ

Vous êtes maraîcher-ère ? C’est quoi, pour vous, un revenu décent ? De quoi devrait-il dépendre? A combien devrait-il être fixé ? Arrivez-vous à vivre de votre activité ? Quelle(s) stratégie(s) avez-vous développée(s) pour y arriver ? Que pensez-vous du concept de maraîcher-ère (salarié.e) publique ? 

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Ces témoignages serviront à construire des dossiers thématiques et a réaliser un documentaire. Paroles de maraîchers /maraîchères – un projet de Tchak! et de TDM – Télévision du monde

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