Ça va faire mal. Très mal à tous les médias, Tchak y compris. Google, moteur de recherche monopolistique, implémente son aperçu IA dans le monde entier. Vous l’avez vue apparaître en tête de homepage, dans les résultats à votre requête, juste en-dessous de la barre de recherche. Elle vous fournit une réponse prémâchée. Plus besoin de parcourir différents sites pour vérifier une information, comparer, en recouper l’origine.
Commentaire | Yves Raisiere, journaliste
Ce n’est pas une évolution technologique. C’est du pillage. Invisible et organisé. L’IA de Google avale le travail des médias, des universités, des institutions, des associations, des entreprises. De Wikipedia. Elle en digère les articles, en régurgite une synthèse automatiquement, sans que vous n’ayez rien demandé. Avec le risque que, demain, plus personne ne prenne la peine de visiter votre site, d’où provient pourtant l’information.
C’était déjà le cas depuis quelques années, avec des réseaux sociaux qui décident de ce qui mérite d’être affiché, à moins de payer pour être visible.
Chez Tchak, on dénonce une mise en danger, celle d’une presse libre et pluraliste, à travers :
- Un vol massif de contenus journalistiques.
- Un effacement des sources permettant d’accéder à une info crédible.
- Une vampirisation de la valeur ajoutée produite par d’autres.
- Une uniformisation et une eutrophisation de la pensée.
L’information de qualité appartient à celles et ceux qui la produisent. Elle demande énormément de moyens et de ressources, en partie garanties par l’audience d’un site web. Enormément, parce que le monde est devenu complexe, parce que la rigueur et la construction d’un lien de confiance avec des sources demande beaucoup de temps. Pour un éditeur de presse, c’est une vraie responsabilité ; pour la démocratie, une condition vitale.
Chez Tchak, nous refusons d’être relégués dans l’ombre par des machines, de voir notre travail dissout dans une bouillie numérique sans âme. Notre ligne éditoriale met en avant d’autres valeurs : l’autonomie, l’émancipation par l’intelligence collective, le remaillage des territoires, la solidarité et davantage de justice sociale.
Ce combat, on le mène aussi, depuis le début, au sein de notre coopérative de presse. Comment trouver un juste équilibre financier ? Comment être à l’écoute de nos lecteurs et de nos lectrices et mieux partager notre travail?Comment permettre à toutes et à tous d’avoir accès à une information qui a du sens ? Comment ne plus être à la merci des GAFAM ? Des questions qui trouveront d’ailleurs suite dans une évolution de notre projet éditorial, à l’automne.
Cela ne suffira pas pour combattre Google, ChatGPT et compagnie. La société tout entière doit prendre conscience de ce qui est en train de se jouer. Et le monde politique doit combattre ce pillage algorithmique.
En attendant ? On ne vous cache pas que notre coopérative de presse sera ravie d’obtenir votre soutien. Un abonnement à Tchak revient à 6 euros par mois, pour quatre numéros par an. Un juste prix pour un média réalisé avec intelligence humaine.















