Le 11 mars dernier, j’ai déambulé pour la première fois dans les allées du salon Horecatel. Soit « le plus important salon B2B dédié aux professionnels de l’horeca et de la gastronomie en Belgique francophone », dixit le WEX de Marche-en-Famenne qui organise cet événement.
Billet d’humeur | Clémence Dumont, journaliste
On désigne souvent Horecatel comme la grand-messe du secteur horeca. Lancé il y a près de 60 ans, ce salon attire chaque année quelque 350 sociétés exposantes et plus de 30.000 visiteur·euses. Un peu par hasard, j’ai eu l’occasion de venir y humer l’odeur de frites, de trinquer à la santé des restaurateur·ices et de jeter un œil aux différents stands.
Des stands d’entreprises qui ont à cœur d’œuvrer pour que les restaurants offrent le meilleur à leur clientèle ? Euh… tout dépend de ce qu’on entend par “meilleur”. Jugez plutôt !
En sillonnant les différents palais, j’ai pu découvrir AB Inbev, Colruyt, Croky, Lutosa, McCain, Vandemoortele, La Lorraine, Danone,… Et aussi quelques fleurons locaux moins connus du grand public comme Ardo et Greenyard, deux leaders mondiaux des fruits et légumes surgelés. Sans oublier bien sûr une flopée de grossistes spécialisés qui font parvenir les produits jusque dans les cuisines des restaurants. Par exemple la multinationale Sligro, qui domine le marché belge depuis qu’elle a avalé son concurrent Metro en 2022, ou encore Oresto, organisation d’achats qui regroupe elle-même 17 grossistes.
Non, non rien n’a changé
Sans blague, pour y trouver des produits bio et/ou issus du circuit court paysan, il fallait chercher. Un peu moins dans les allées dédiées aux boissons alcoolisées, et encore ça se discute…
En 2021, j’avais publié une enquête sur la nourriture servie dans les restaurants, qui montrait comment l’agro-industrie productiviste avait envahi le secteur. Manifestement, Horecatel n’a pas l’intention de changer ce constat global.
Ou alors seulement à la marge ? Chaque année, c’est vrai, plusieurs animations prévues sur le site mettent en avant des fermes, des entreprises de transformation, des cuisinier·ères et des services de distribution qui travaillent au quotidien en faveur d’un autre système alimentaire.
Moi-même, j’étais d’ailleurs là pour écouter des conférences organisées par Manger Demain et Biowallonie sur comment repenser les assiettes des établissements de soins de santé afin de les rendre plus saines (on vous en reparlera dans un prochain article). Curieuse ambiance, que ces conférences plantées dans un décor invitant plutôt à célébrer la malbouffe…
Entre ce type d’animations et la masse des exposant·es, il y a en tout cas comme une dissonance. Une dissonance qui témoigne du fait que, en matière d’alimentation durable, le secteur horeca n’est décidément pas sorti de l’auberge !
















