Début octobre, la phase 2 du Programme wallon de réduction des pesticides (PWRP) était lancée. Objectif : limiter les risques pour la santé et l’environnement. La démarche risque de faire « pschitt ». Tchak vous explique pourquoi en cinq mots clés.
Humeur | Yves Raisiere, journaliste
Mobilisation zéro. Alors que le sujet « pesticides » fait les gros titres depuis des mois, le démarrage de cette phase 2 s’est fait dans la discrétion, le gouvernement wallon publiant juste un communiqué. On est à mille lieues d’une ambition et d’une mobilisation pourtant réclamée par les scientifiques. Bref, pas de risque de froisser certains (milieux agricoles).
Un silence éloquent. Seul Yves Coppieters (Les Engagés), ministre de l’Environnement et de la Santé, s’en est publiquement félicité. Détail pas anodin : sur les réseaux, il met en avant la mobilisation du Centre wallon de recherches agronomiques (CRA-W). Or, ce centre relève de la tutelle administrative et financière d’Anne-Catherine Dalcq (MR), ministre de l’Agriculture. Et elle, elle n’a jusqu’ici pas pipé mot du lancement de cette phase 2. Ambiance !
Des récits parallèles. Même refrain sur le rôle du CRA-W en lui-même. Pour Coppieters, il s’agit d’un allié d’une politique environnementale et de santé publique. Pour Dalcq, c’est le pilote des « États généraux de la protection des cultures », qui débuteront fin octobre. Un rendez-vous agricole où l’impact des produits phytos n’apparaît pas vraiment au premier plan. Deux récits qui révèlent le grand écart du gouvernement.
Aucun correctif. En mai dernier, la Cour des comptes avait étrillé la politique wallonne de réduction des pesticides : pas d’objectifs chiffrés, peu d’indicateurs fiables, une gouvernance éclatée et un pilotage laissé à l’administration. Huit mois plus tard, la phase 2 du programme ne corrige rien. Le communiqué du gouvernement wallon parle d’outils, de réseaux et de suivi environnemental, mais sans cap, sans calendrier, sans patron.
La conclusion ? La Wallonie n’a toujours pas de stratégie commune entre agriculture, santé et environnement. Pas d’approche holistique One Health, comme on dit. Comme le rappelle la chercheuse Marlène Feyereisen sur notre site, dans le nouveau numéro de Tchak, réfléchir à des enjeux complexes suppose pourtant de sortir d’une pensée en silo.















