Ce mardi 20 mai, c’est jour de grève générale dans les services publics. Christine Mahy n’a pas pris le train. Elle s’en est expliquée dans un post matinal : « Ce n’est pas un boycott, c’est un geste d’attention » envers des acteur·ices « qui permettent à la population d’accéder à des droits ».
Billet d’humeur | Yves Raisiere, journaliste
Comme la secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté (RWLP) le rappelle, ces droits rendus sont — ou devraient être — bien réels : ils permettent accéder à la mobilité, au logement, à la santé, à l’éducation, à la dignité même quand on a peu de ressources ou qu’on fait face à un accident de la vie.
Au final, les quelques lignes de Christine Mahy remettent en lumière ce qu’on oublie lorsque les choses sont réduites à leur simple coût. Les travailleurs et les travailleuses du service public ne produisent peut-être pas des dividendes, mais ils et elles garantissent un « bien » autrement plus important : la justice sociale.
Cette justice-là, qui protège celle et ceux qui n’ont rien à monnayer, elle n’est pas optionnelle, ni dans le monde d’aujourd’hui ni dans celui de demain. Elle se garantit, ou elle s’effondre. En laissant place à l’extrême droite.
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Pendant que certain·es déconstruisent imprudemment ces droits au nom de la performance, d’autres, tel le RWLP, luttent et s’organisent. Dans certaines coopératives alimentaires, on tente ainsi de construire un nouveau service universel : celui qui garantira à toutes et tous l’accès à une alimentation solidaire et non toxique.
Ici aussi, on retrouve cette logique de patrimoine commun, cette notion de colonne vertébrale sociale. Une lubie d’écolo bobo ? Basta, c’est bel et bien un droit ! Car s’il n’est pas organisé, il deviendra de plus en plus un luxe que seul·es certain·es peuvent se payer. Comme pour le logement, les transports, l’école…
Le jeudi 22 mai, le secteur non marchand est à son tour descendu dans la rue. Pas pour demander des privilèges. Juste pour rappeler que sans soin, sans services, sans lien, il n’y a plus de société et, surtout, d’émancipation possible. Juste un marché. Et que, dans ce marché-là, nous serons toutes et tous perdant·es.
Alors merci Christine pour cette piqure de rappel et ton petit post matinal, d’où on a tiré cette photo 😉.















