Poirier du loup
Nathalie, aide-soignante, en reconversion professionnelle suite à un burn out, fait "papote" avec Marielle, une bénévole, entre deux coups de sécateur. © Gaëlle Henkens

Poirier du loup : un vignoble qui tourne rond grâce à la Toupie

Le vignoble du Poirier du loup est une petite coopérative à finalité sociale – parmi les premières en Wallonie dans ce domaine. Les coopérateurs sont des personnes physiques et morales. Parmi celles-ci, La Toupie, un centre d’insertion socio-professionnelle; ll’ASBL ASPI, association de soutien aux personnes en insertion; la commune de Rouvroy avec un échevin mandaté; et, enfin, la confrérie du vignoble de Villers-la-Vigne

Valentine Stoumon, journaliste

Le Poirier du loup couvre à peu près 2 hectares 40. Un peu plus de deux hectares sont propriété de la commune de Rouvroy (Torgny). Cette surface est gérée par Ecoculture, une coopérative à finalité sociale. Les ares restants sont privés. La cave est, elle, située rue de l’Ermitage. S’y trouvent laboratoire, pressoir, chaîne d’embouteillage et salle de dégustation.

Poirier du loup
Au Poirier du Loup, c’est la pause de midi après une matinée de travail. © Gaëlle Henkens
+++ Ce petit focus fait partie d'un dossier sur les vignobles wallons publié dans notre revue (numéro 11 - automne 2022) et sur le web. Un travail financé par le Fonds pour le journalisme et par Tchak.

Au Poirier du loup, c’est La Toupie qui assure une partie des travaux sur le vignoble avec l’aide des volontaires. 

« Elle facture 750 heures de travail par an à la coopérative Ecoculture, SCRL pour le travail réalisé », explique Michel Crucifix, administrateur de La Toupie,et par ailleurs responsable technique de la culture viticole et de la vinification. 

« Les financements viennent de plusieurs sources, poursuit-il Pour le capital – 22.765€ fixe et 31.013,5 € variable-, ce sont les parts sociales des coopérateurs privés et celles des personnes morales. Le Poirier du loup reçoit un subside communal structurel de 4.000 euros en tant que groupe associatif culturel. Ce subside vise aussi à compenser les manques de production des cinq premières années après les plantations de nouveaux ceps.»

Le Poirier du loup bénéficie aussi d’un subside conjoncturel : « Celui-ci est fixé à 26.000 € par an pendant cinq ans, à renouveler en attendant que le projet soit « auto-portant » ou suivant une décision politique. »

A cela, s’ajoutent les ventes ou le stockage de la production de crémant et ratafia : environ 6.500 bouteilles. « La production actuelle est d’environ 5.000 bouteilles en « moyenne lissée » sur les six dernières années. Nous prévoyons de monter à 9.000 bouteilles en moyenne sur 1,6 hectare. Et de passer, dans cinq ans, à 11.500 bouteilles dès que la nouvelle plantation de 45 ares produira. »

Déjà au XV° siècle

Le vignoble est ancien, Michel Crucifix évoque son histoire. « Si la culture de la vigne était autrefois assez répandue dans nos régions, après une apogée au XVe siècle, un déclin s’est amorcé en 1659. En 1828, le vignoble à Torgny comprenait plus de quatre hectares.

Cinq cépages y sont plantés : Pinot Noir, Pinot Blanc, Auxerrois, Chardonnay, Gewurztraminer. Le pinot noir est utilisé pour la production du vin type crémant en mono-cépage de pinot noir pour la fabrication du célèbre crémant Rosé de Torgny ; les cépages blancs étant assemblés pour le type crémant blanc de blanc. 

Les vins se répartissent globalement entre pétillant blanc (environ 2.000 bouteilles de 75 cl), pétillant rosé (2.200 bouteilles) et ratafia blanc et rosé (700 bouteilles). La production est distribuée « au niveau local dans le secteur touristique et sur place en vente directe, lors de visites guidées et lors de manifestations, dans des magasins bio de la régions, ou en moyenne surface comme au magasin d’ICI à Naninne. »                                     

Quant aux investissements, c’est du matériel en cave et en culture pour un montant d’environ 113.000 €.  « Nous prévoyons en outre l’achat d’une doseuse, d’une pompe péristaltique, d’un pressoir pneumatique d’occasion. Il faudrait également un système d’irrigation du vignoble pour les longues périodes et les années ou il ne pleut plus.»

Montant de l’investissement ? « Il se situe entre 15.000 € et 20.000 €, mais c’est le prix à payer pour éviter des productions réduites telles que nous les avons connues dans les années 2019 – une réduction de 50% par rapport à 2018 – et 2020 – une réduction de 40 %. Pour ces deux années hors norme au niveau des températures, on a relevé un manque de production de 10.000 bouteilles. »

Les bénéfices fluctuent en fonction d’une série de paramètres bien sûr. « Ils sont très variables d’une année sur l’autre et sont investis dans la valeur des stocks. Au bout de 23 ans, nous sommes toujours dans des comptes qui s’équilibrent. »

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